CH. IV. LA VKHTC
Je parle d’autres institutions, où on n’insulte pas la religion, mais d’où elle semble profondément absente : où les maîtres n’ont pour elle qu’un visage étranger, où Dieu est à peine connu, où le nom adorable de Jésus- Christ n’est jamais prononcé, où les professeurs ne savent jamais rien mêler de religieux à leur enseignement pour nourrir la foi de leurs élèves; où les saintes Écritures sont totalement ignorées, les images pieuses et le souvenir de nos mystères éloignés (I ) : je parle de ces institutions, semblables, bêlas ! ù tant de familles, où se trouve encore une apparence de religion pour les enfants, mais où il n’y en a plus réellement pour ceux de qui doit venir l’exemple.
Eh bien ! là, ben gré mal gré, toute Éducation sérieuse, toute Éducation sincère est impossible !
Voici ce qu’écrivait naguère à ce sujet un homme éminent dans l’instruction publique, un père de famille revenu courageusement à la foi : j’aime à citer ses graves paroles :
« Les réticences avec nos (ils, avec no» élève», dans les « choses de la religion ; les pauvres subterfuges du res- « pect humain en présence de témoins aussi attentifs à « tous nos mouvements ; la liberté pour nous, la tyrana nie pour eux dans la pratique ; toute cette comédie à « peine décente et toujours mal jouée par les pères et par « le» maîtres, esprits forts ou simplement philosophes, « NE TIENT PLCS auolrd’uui. Le soulHe impétueux des « révolutions qui a manqué d’emporter la famille, comme « une paille légère, et qui gronde encore aux portes de « nos demeures, a bien troublé ces arrangements de fa-
(I) Qua Dei mtnlio? Qua Chriili invocalio? Vbi fomenta fldei ex Scripturarum interjeelione'/ übf tpMlus? Vbi refrigetium ? Vbi di~ vina benediclio ? Omnia exlranea. (Tertixl.)
384 LIV. III. LINSiirUTEUR.
« mille, ce petit train d’indifférence ou d’impiété mitigée a du côté des pères, d’exactitude routinière et de piété « de commande du côté des fils. Ces contre-sens en re- « ligion et en morale ne peuvent plus se soutenir : ces « mensonges de l’Kducation sont percés h jour
<t Non, ce n’est plus le temps où les pères, où les moite 1res puissent impunément dire et faire en religion le « contraire de ce qu’ils veulent que disent et fassent leurs « enfants, et leurs élèves. »
Et il faut bien que je le dise, c'est ce qui fait qu’en ayant dans le cœur toute la charité, tous les égards possibles |M)ur nos frères séparés, je n’ai jamais pu comprendre, qu’en honneur et conscience un protestant pût élever des catholiques; qu’en honneur et conscience un juif pût élever des protestants.
Quelques professeurs m’objecteront peut-être et avec une certaine conviction, que la religion et la foi n’ont vraiment rien à voir dans l’enseignement classique, qu’un juif, un protestant, ou même un sceptique peut enseigner le grec, le latin et le français.
Je répondrai encore, et j’ai déjà répondu, que c’est lù s’accuser soi-même, et trop proclamer qu’il n’y a que du grec et du latin dans l’Éducation qu’on offre î» la jeunesse; oui, c’est trop faire entendre que les dix plus belles années de la vie d’un enfant, ces années où se forme non seulement l’esprit, mais le cœur, la volonté et la conscience, ne sont employées par certains mailres qu’à enseigner du grec et du latin !
Mais d’ailleurs, même dans ce strict enseignement, n’y a-t-il que du grec et du latin? L’histoire et la philosophie ne sont-elles (mint partout? et sont-elles sans influence sur la foi?
GH. IV. LA VERTU