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CH. VI. LA FERMETÉ ET LA DOUCEUR

qui fait le caractère propre de la fermeté nécessaire dans l’Éducation, c’est l’intelligence et l’amour : tout doit être accompli avec un esprit et un cœur, je dirai plus, avec une consciencty qui soit véritablement pcUemelle et pastorale : c’est-à-dire avec un discernement exquis, avec une attention pénétrante, avec un zèle, avec un désir profond d’améliorer, de corriger l’enfant. Voilà ce qui donne et ce qui fait la sage fermeté, sans mollesse et sans rudesse. Voilà ce qui se nomme la discipline morale. Mais il le faut avouer : c’est une perfection qui se rencontre rarement, surtout chez les jeunes maîtres, même pieux : la plupart ne corrigent pas comme on devrait corriger, ils ne prennent pas les enfants comme il faudrait les prendre. Plusieurs ne savent que punir matériellement, ou ne rien faire : tout négliger, ou frapper à tort et à travers.

En un mot, on n’a pas le sens de la grande action morale, de l’autorité spirituelle et du soin des âmes : seraitce qu’on n’aimc pas les âmes? non ; j’aime mieux dire, ce qui d’ailleurs est vrai, que rien n’est plus difficile à garder que la juste mesure entre des qualités contraires.

Tacite dit admirablement : Il ne faut pas que la bonté diminue l’autorité, ni que la sévérité nuise à l'amour; mais, ajoute-t-il, rtm n’est plus rare qu'une telle perfection ; 9Uodes{rarû(tfnum(l). üyfaut tendre néanmoins; car rien n’est plus nécessaire : autrement on perd tout.

rv.

Un des points les plus essentiels parmi ceux que nous venons d’indiquer, c’est d’éviter, avec les enfants, tout

(I) Ifec ilU, quod est rariuimum, oui facilita* auctorUatem, oui leverUa* amorem deminuil.

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