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CHAPITRE VII

Quel que soit l’ascendant d’une autorité tempérée de douceur et de fermeté, quelle que soit l’influence du zèle,

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lies vertus et de l’habileté des maîtres, Sa direction régulière d’une maison d’Éducation sera souvent et inévitablement troublée par de plus ou moins fâcheuses déviations. Sans doute, cette même autorité, également forte et persuasive, aidera puissamment à redresser ces travers; mais, pour le faire avec une efficacité décisive, il faudra qu’elle ait recours souvent à la répression, â la correction et quelquefois à la réparation ou même à l’expiation du désordre ; c’est ce que nous avons déjà expressément reconnu.

Des fautes se commettent, et parfois des fautes graves : il faut évidemment les réprimer, et cela sans faiblesse comme sans retard. I.a répression, c’est-à-dire, le combat direct, immédiat, livré à ce qui vient positivement troubler l’ordre, est indispensable.

Ce n’est pas tout : des défauts, souvent grossiers, se déclarent ; il faut les corriger. La correction, nous l’avons V11, va plus loin que la répression. Elle rectifie, elle améliore au fond : elle remet dans le bien, elle ramène dans la voie droite celui qui s’en était écarté. Sa nécessité est encore évidente.

Mais la répression, la correction elle-même ne suffisent pas toujours ; il y faut souvent ajouter la réparation : l’ordre est quelquefois violé de telle manière, que ce n’est pas assez de redresser le coupable et de réprimer ses écarts, il faut exiger de lui l’exercice contraire d’une vertu positive, qui répare le mal, qui efface par une bonne action la honte et le désordre d’une action mauvaise, qui rétablisse, en un mot, chaque chose en son état régulier, normal.

Enfin, lorsque le désordre a été un mauvais exemple, un scandale, il faut qu’il soit réparé publiquement et avec un certain éclat : c’est ce que j’entends par expiation. L’expiation est quelque chose de plus que la réparation :

C’est une réparation solennelle, un grand exemple ; la loi violée et la conscience publique l’exigent également. Elle satisfait k tout, elle efface tout : elle réprime, elle corrige, elle relève, elle édifie.

On comprend que si l’expiation publique doit être rare, elle peut aussi devenir nécessaire, en particulier dans le cas de certaines fautes graves qui entraînent l’exclusion, et auxquelles, par miséricorde, on n’applique point cette peine extrême, lorsque le coupable promet un amendement immédiat, et demande lui-même la plus solennelle expiation.

Quoi qu’il en soit, la répression^ la correctionj la réparation, Yexpiation ne peuvent pas être exclus de l’Éducation. Elles y sont absolument nécessaires : c’est en elles que se trouvent tout le nerf de la fermeté et l’énergie de la discipline.

Mais j’ajoute que; dans une maison d’Éducation chrétienne, elles suffisent à la plus grave autorité ; et qu’admises sous ces noms honorables , qui ne présentent rien que de moral et de digne, elles dispensent d’y admettre les punitions matérielles proprement dites. Lorsqu’il s’agit de l’Éducation des âmes, la punition est un nom toujours lacheux, parce que, réduit à son sens propre, il ne signifie, comme nous l’avons vu au chapitre précédent, qu’une souffrance, une peine, ayant sans doute un juste motif et une lin convenable, mais n’y arrivant que par un châtiment corporel infligé au coupable, ou ne parait pas toujours assez le but moral, le but élevé de l’Éducation, tel qu’on doit ici se le proposer.

Nous croyons possible un système pénitentiaire, d’où soient exclues les punitions matérielles proprement dites :

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