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exemple, sa portion de dessert, si ce sont des friandises qui l’ont fait succomber; ou même le réduire au pain sec pendant quelque temps, si sa consommation anticipée exige une aussi grande réparation. Cette réduction h la portion congrue, étant précisément opposée au défaut qu’il faut combattre, est évidemment suibsante pour atteindre la fin qu’on se propose, c’est-à-dire l’amendement du coupable.
Je dois ajouter ici que si des fautes d’une certaine gravité étaient fréquentes, et, à plus forte raison, si elles étaient habituelles, les maîtres, de concert avec le supérieur, tout en ne laissant rien passer sans l’avertissement nécessaire, n’imposeraient pas, pour chacune de ces fautes, la répression du silence, de l’isolement, ou de l’humiliation, que peut-être chacune d’elles méritait; mais s’appliqueraient à suivre contre le coupable un système d’avis particuliers ou publics, de notes hebdomadaires et mensuelles, sagement ménagées, pour livrer aux mauvaises habitudes un combat incessant, mêlé de force et de douceur. A.U besoin, on invoquerait les avertissements et les réprimandes de l’autorité paternelle ; on obligerait l’enfant à écrire lui-même ses fautes et ses mauvaises notes à ses parents.
S’il le fallait enfin, on saisirait l’occasion de produire une impression profonde par une humiliation éclatante, ou par tout autre moyeu frappant de répression et de correction réparatrice.
Quant aux fautes d’une certaine gravité, qui |)euveni être considérées comme personnelles envers les maîtres, à moins de la nécessité urgente d’une répression immédiate, elles ne seront pas reprises sur le champ, mais seulement plus tard; ou parles maîtres eux-mêmes, ou, ce
4iui pourrait être plus digne, par le supérieur, qui aurait l’avantage, en sévissant, de ne paraître quer le vengeur impartial de l’autorité méconnue, et de l’ordre troublé.
Le supérieur ferait, dans ce cas, l’application du moyen de correction réparatrice (]u’il jugerait le plus utile.
Mais si la faute avait été publique, ou avait eu un caractère oifensant, il faudrait une réparation publique. Parmi les fautes de ce genre, je mets toutes les fautes de respect contre les maîtres, à tous les degrés : les plus légères même doivent être sérieusement réparées. Les plus graves, à moins qu’elles ne soient qu’un premier mouvement, sont des cas d’exclusion, et il n’y a que la réparation la plus prompte, la plus spontanée, la plus généreuse, qui puisse sauver le coupable du renvoi immédiat.
Je suis amené h parler ici de la quatrième espèce de fautes.
Les kactes a expieu ;
Sous ce nom, je comprends les fautes très-graves, que la discipline d’une maison chrétienne ne peut tolérer longtemps, sans prononcer l’exclusion du coupable : comme l’opiniâtreté dans la paresse; l’indocilité, quand elle est accompagnée d’un air de dédain; une dissipation grave ou fréquente à la chapelle ; le mépris habituel du réglement, un refus formel d’obéissance; la colère revenant souvent avec des paroles injurieuses ; le mauvais esprit, le prosélytisme du désordre, etc. — .4insi, troubler à dessein une classe, une étude, par des bourdonnements, par une agitation cachée , ou par des éclats de rire ; jeter le désordre dans la marche de la communauté, se faire dans les grandes ou les petites choses un jeu journalier de la violation de la règle, etc...; tout cela ré-
clame un remède prompt et efficace, parce que tout cela suppose dans l’enfant une volonté perverse, un véritable esprit de révolte, avec lequel il n’y a pas de transaction possible. Ici, un avertissement très-solennel est le premier châtiment du coupable, et, s’il n’en tient compte, alors le renvoi doit être immédiat; à moins que, par miséricorde, et sur la demande du coupable lui-même, la règle violée ne condescende, dans l’espoir de l’amendement, â une expiation éclatante, comme d’ilre mis à genoux et au pain sec pendant un ou plusieurs repas, au réfectoire, devant toute la communauté. J’ai vu cette expiation produire des effets décisifs, et les plus salutaires ; et quand par hasard elle ne les produisait pas, l’exclusion alors était définitivement prononcée (I).
(!) Mais, me dira-t-on p«>ut-élrc, mettre ainsi un enfant, un jeune homme, <i genoux, au réfectoire, et au pain sec, n’est-ce pas un ebitiment excessif? — Je ne le pense pas : c’est rappeler le coupable d’une manière plus solennelle, et publique, à rentrer en lui-mëmc, à s’humilier de sa faute ; c’est le mettre pendant un temps prolongé face à face «vcc sa conscience et avec la conscience des autres, dans un état de pénitence, mais selon la plus haute acception du mot. Dans de grandes communautés de religieux, ce moyen est employé; à plus forte raison peut-il l’étre avec des enfants, avec des jeunes gens, sur leur demande, et avec le consentement de leurs parents, lequel ajoute encore h la solennité de la réparation. J’ajoute que ce n'est pas aux plus petits, c’est aux plus grands qu» cette peine toute médicinale peut être plus utile. Je l’ai vu, dans mon enfance, pratiquée h tort et à travers avec de petits enfants, de manière ii lui Oter toute son eOicacilé. C’est, si on l’entend bien, un mode de correction si grave, si élevé, si profondément moral, qu’avant tout il ne doit pas être indiscrètement appliqué. Il ne doit l’être que rarement, dans mon système, et é la prière des coupables ; il doit, de plus, toujours emprunter quelque chose du caractère de la pénitence publique et de l'amende honorable. C’est dire assex qu’il ne peut convenir ni dans toute maison, ni dans tout système d’Êducation.
eu. VII. UN SVSTÈME PÉNITENTIAIRE.
Quelquefois, cependant, avant de la prononcer, je consentais, sur la demande des parents, à une dernière épreuve, celle de la chambre de réflexion.
La chambre de réflexion ne ressemble en rien b une prison^ L’enfant y est matériellement aussi bien, et peutêtre mieux sous certains rapports qu’il ne serait ailleurs dans sa vie ordinaire ; la nourriture y est celle qu’il a tous les jours. La cliambre elle-même est agréable, ornée de pieux tableaux, avec une bibliothèque et des livres intéressants, comme la Vie des jeunes Ecoliers chrétiens, les Récits des Lettres édifiantes et des Missions étrangères, etc. Il va sans dire que l’enfant y est fréquemment visité par ses maîtres, par le supérieur, par son confesseur même, s’il le désire; par ses parents enfin, et an besoin, par quelques-uns de ses meilleurs condisciples et de ses amis.
Seulement, il est Ib pour réfléchir : c’est comme une retraite de quelques heures, d’un jour, deux jours au plus, dans laquelle il examine tranquillement, devant Dieu, et avec ses meilleurs amis, s’il aura le courage d’écouter de meilleures inspirations et de changer de conduite; ou bien s’il se décidera b quitter la maison, car il sait qu’il n’y a pas pour lui d’autre alternative : il faut ou se séparer de ses maîtres et de ses condisciples qui l’aiment, et ne désirent que son bien, ou se mieux conduire, et se rendre digne de leur amitié. C’est pour y penser sérieusement, qu’on l’a placé dans cette chambre de réflexion ; et les heures qu’il y passe sont les dernières qu’il passera dans la maison, s’il ne prend courageusement un grand parti. Du reste, il est libre dans cette retraite, et il peut la quitter b toute heure, s’il veut sortir de la maison et rentrer dans sa famille. Je n’ai pas besoin d’ajouter que