LIV. 111. L INSTITUTEL'II
!e succès a manqué rarement à celle dernière épreuve de noire système pénitentiaire.
Parmi toutes les fautes dont je viens de parler, je n’ai rien dit de celles contre la Religion et contre les mœurs. Pour de telles fautes, ne fussent-elles qu’une parole, un geste, un sourire, un regard, je n’admettais aucune réparation, aucune expiation : le renvoi était immédiat.
Et maintenant, s’il faut résumer tout ceci, et dire en quelques paroles les moyens d’action, de répression et de correction, que, sans punitions matérielles propremenl dites, les maîtres peuvent avoir à leur disposition pour maintenir l’ordre dans un établissement bien réglé, les voici :
1° Le réglemenl de la maison, toujours présent, dont ils doivent sans cesse rappeler rob.scrvalion ;
2“ Leur présence personnelle, et parfaitement exacte, partout où ils doivent représenter l'ordre et la régie;
3» L'aulonlé morale dont chacun doit soutenir son autorité réelle;
4" Varertissemenl immédiat, public ou particulier;
5“ La réprimande publique ou particulière, en classe, en récréation, partout ;
C” Les noies hebdomadaires ;
7” L’intervention des parents : les avertir, les faire avertir par l’enfant lui-mème de sa mauvaise conduite ; les prier d’écrire à leur enfant. Rien n'est plus eflicace ;
8» Le silence et la promenade solitaire — pendant une récréation ou plusieurs, — un ou plusieurs jours, — sous la surveillance ordinaire de Messieurs les présidents de récréation ;
9» Le jeu à Vécart;
lO» La privation du jeu ;
11“ L’abstinence, la privation du dessert, — d’un plat, — de dcui plats. — Ces privations, quand elles ne. vont pas au-delà du dessert, ou d’un repas par semaine, peuvent être infligées immédiatement, et sans qtie M. le préfet de discipline ou M. le supéricnr soit averti ;
12” La priralion de sortie, mais uniquement lorsqu'elle est demanda par les parents ; et encore, dans ce cas très-rare, tout à fait cxccplion-
nelle, et, à cause de ce qui se trouve là de très-délicat, décidée eu conseil ;
15“ La mise à genoux, soit en classe, soit à l'étude : cela demande prudence et gravité.
14“ La mise à genoux et le pain sec au réfectoire, à un ou plusieurs repas ;
15“ La salle de réflexion, un ou plusieurs jours. — Ces deux derniers moyens ne s’emploient jamais sans l’entremise de M. le supérieur, sur la demande des parents ou de renfant, et pour prévenir un renvoi;
16“ Le renvoi.
Nota. — Le piquH, le pensum, la retenue, la férule, ou d’autres punitions de même sorte, sont absolument interdits.
La mise à la parle de la classe ne peut être qu'eilrêmomcnt rare. Le devoir mal fait peut être refait, mais jamais sous la forme d’un pensum.