CH. IX. LE DÉVOUEMENT
l’œuvre est trop laborieuse. Il ne faut pas que ceux qui aspirent k y travailler se fassent aucune illusion. Je leur redirai volontiers, avec un admirable instituteur, qui a épuisé sa vie au service de la jeunesse, et succombé k la peine, avant le temps (1) : « Comment vous tracer. Messieurs, le tableau de cette vie sans liberté, sans délassements, sans repos, sans dignité apparente; où il faut toujours se rapetisser, se contraindre, se multiplier, se renoncer soi-même?... Non : il y a Ik trop k faire, trop k travailler, trop k souffrir pour qu’un dévouement commun et ordinaire y suQise. Il y faut un zèle et une sollicitude e.xtraordinaires : une sollicitude qui s’étende k tout, aux progrès de l’enfant dans la piété et dans la vertu, dans les lettres et dans les sciences; k son esprit, k son cœur, k son caractère, k sa santé ; k ses relations du dedans et du dehors, k ses défauts pour les supporter avec patience, et toutefois les corriger en les supportant ; k ses bonnes qualités pour les développer ; k ses peines, k ses ennuis même, k ses découragements, pour les consoler, les adoucir; en un mot, une sollicitude qui embrasse tout, depuis les besoins les plus élevés de son âme, jusqu’aux soins les plus humbles de sa vie matérielle!... »
Eh bien ! je dis que le dévouement paternel et maternel est indispensable k tout cela, et encore suffit k peine.
Rollin demande quelque part, et avec raison, que la vigilance et l’assiduité d’un bon maître ne cessent jamais, m lanuit, ni le jour. Il n’y a point de moment, dit-il avec le beau et touchant langage de la foi chrétienne, où un maître ne réponde de l'âme des enfants qui lui soiîl conliés ;
(1) M. l’abbé Poullet, fondalcnr et (iiioiTeiir dii colli'gp <1p Sciilis, mort h trenle-si's aii.s. Il y a pciit-étri' pu notre pays mi inslitiilciir rouiparable à M. PoiiIIpI ; je n'en connais pas qui lui soit supérieur.
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4 Si
« Si sou absence ou son inaltenlion donne lieu It l’homme « ennemi de leur enlever le précieux trésor de leur inno- « cence, que répondra-t-il a Jésus-Christ qui lui dcman- « dera compte de leur âme?... Ii. ke doit donc jamais