‹ De l'educationChapitre 140 sur 188 · L’AMOUR · texte numérisé non relu

L’AMOUR

Il faut ici remonter plus haut. Comme le dit merveilleusement Platon : On ne se dévoue que pour ce qu'on aime.

Le principe de tout dévouement, c’est donc l’amour : et ici particulièrement tout autre principe serait impuissant.

Sans doute l’intérêt, la bienséance, le goût naturel, le plaisir ou l’honneur peuvent attacher un instituteur h scs fonctions; la conscience surtout, la grande et sévère pensée du devoir peut beaucoup pour l’y dévouer: tout cela cependant ne suHirait point. Il faut nécessairement ici l’amour le plus désintéressé, le plus eiïectif, le plus tendre et le plus fort; il finit l’amour de Dieu et des âmes, c’est-a-dire, le pur et grand amour.

Quand le Fils de Dieu se üt le précepteur du genre humain , — Prœceptor, c’est le mot des saintes Écritures, — et se dévoua, pour nous relever h la hauteur de nos premières destinées, l’amour fut le suprême inspirateur de cet immense dévouement. Sic Deus dilexü tnundum.

Et quand il envoya ses Apôtres pour continuer son œuvre, il leur demanda trois fois le témoignage de l’amour : M'aimez-vous? leur dit-il, amas me? et Pierre trois fois répondit :Ouij Seigneur, vous savez que je vous aime : Tu scis quia amo le. — Eh bien! paissez mes brebis, paissez mes agneaux : Pasce oves, pasre agnos.

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