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Pour le prouver, indiquerai-je ici un détail d’Éducation, — grand détail assurément, — les défauts des enfants? j’en ai déjii parlé ; mais dira-t-on jamais assez quelle prudence, quel discernement il faut li un instituteur pour connaître le naturel et le génie de chacun de ses enfants, pour trouver la manière de se conduire avec eux, la plus propre à découvrir leur humeur, leurs talents, à prévenir leurs passions naissantes, à leur persuader les bonnes maximes et h guérir leurs erreurs, pour proportionner toujours ses leçons h leur capacité, à leurs besoins, et pour rendre toutes ses paroles véritablement utiles et persuasives !
Voilà une intelligence que les examens les plus brillants de l’agrégation et de la licence constatent médiocrement dans un instituteur; et toutefois ce doit être là son premier travail , sa première applic.ation. Dès qu’un enfant lui est confié, avant tout il doit s’appliquer à comprendre, à étudier, à pénétrer cette jeune nature, ses facultés intellectuelles et morales, ses défauts et ses faiblesses; et c’est pour bien faire cette étude, qu’il faut aimer les enfants, les voir de près, vivre avec eux, converser avec eux, je le dirai, jouer avec eux, ne pas se renfermer dans une dignité solitaire ou sauvage : c’est pour cela qu’il faut ne se prévenir ni pour, ni contre personne, écouter tranquillement tous ceux qu’il convient d’écouler ou de consulter; et ensuite, sans aucun égard à ses goûts ou à ses dégoûts naturels, ni à ses préjugés, décider sa conduite et agir avec au moins autant de circonspection que de zèle, pour améliorer peu à peu ceux dont on est chargé. Sans doute il faut du zèle, un grand zèle. Mais le zèle ne suffit pas ; il a même ses dangers ; il faut quelquefois s’en dé-