S30 LIV. IV. I. KNFANT RT LA LOI ÜU RESPECT
J’ai dit que ses maîtres doivent s’identifier avec lui ; mais lui aussi doit s’identifier avec ses maîtres, et il ne le fait que lorsqu’il est attentif et docile h leurs leçons, reconnaissant de leurs soins, et par-dessus tout respectueux pour leur autorité.
Je le dirai meme ; la grande condition, la condition essentielle du puissant concours qu’il doit ici donner, celle qui renferme et résume toutes les autres, et sans laquelle l’attention, la docilité, la reconnaissance sont impossibles, c’est le respect : toutes les sages pensées, tous les bons sentiments, toutes les vertus, tous les devoirs d’un enfant qu’on élève, je crois pouvoir les exprimer par ce grand mot : le respect. Si j’essaie d’en dire ici les hautes raisons, c’est moins pour les enfants, qui ne liront pas mon livre , que pour les parents et les instituteurs, lesquels, sous peine de voir toute l’œuvre de l’Éducation périr entre leurs mains, doivent comprendre et maintenir dans toute sa dignité et sa force, la grande loi du respect.
Qu’on ne s’étonne pas ici de la gravité de mes paroles : je touche en ce moment k la pierre fondamentale de l’édifice que je voudrais raffermir, et si depuis long-temps déjà l’édifice menace ruine, c’est que la base en a été profondément ébranlée.
Dans le premier volume de cet ouvrage, j’ai traité déjà de l’enfant et du respect qui est dû à la dignité et à la liberté de sa nature, par ceux qui l’élèvent : il est bien juste que je traite aussi du respect que l’enfant leur doit à son tour. Je n’entrerai point du reste dans autant de détails pratiques que je l’ai fait jusqu’à présent : ces détails ne soiit pas ici nécessaires, et peut-être même ne conviendraient-ils point. J’exposerai donc simplement les principes les plus élevés de la question.
CH. !•'. QU’IiST-CE QUE LE RESPECT?