CH. I". QU’ESÏ-CE OLE LE RESPECT? 53S
le respect est très-supérieur. On a des égards pour ses égaux, de la déférence pour ses amis, de Vettime pour le mérite, de la politesse pour tous : le respect s’élève beaucoup plus haut, et il entraîne avec lui l’estime, la déférence, les égards les plus polis, et de plus la considération et l’honneur , et quelque chose même de plus grand encore !
Qu’est-ce à dire ? Que signifie donc ce mot? Quel est ce devoirmyslérieux et presque indéfinissable? — Me trompé-je en disant que le respect, c’est simplement le souvenir réfléchi, et le religieux sentiment de ce qu’il y a de divin en soi et dans les autres?
Non, le respect pour soi et pour ses semblables n’est pas autre chose que la considération attentive de ce qu'il y a de plus haut dans la dignité humaine, c’ est-h-dire de l’image de Dieu, de la chose divine en noos : puis le sentiment grave et intime, le sentiment religieux, que ce souvenir et cette lumière inspirent.
En un mot, il y a toujours quelque chose de plus grand que nous en nous-méme et dans les autres : voilh ce que nous devons respecter.
Et c’est Ih seulement ce qui aide à bien comprendre le sens et la moralité profonde des acceptions de ce mot dans notre langue. Ainsi on dit : Il faut se respecter soi-même : qu’est-ce k dire, sinon un regard d’étonnement sur soi et de religieuse estime pour une dignité intérieure et cachée?
On dit encore : le respect des lois, le respect des mœurs. C’est un grave et beau langage. En effet, la majesté des lois, la sainteté des mœurs, sont sans contredit ce qu’il y a de plus élevé dans les choses humaines : ce sont même choses divines.