LE RESPECT FILIAL
Voici ce que Platon écrivait du respect filial :
t Après la Divinité, il faut honorer avant tout les auteurs de nus jours, pendant leur vie : c’est la première, la plus grande, la plus indispensable de toutes les dettes; on doit se persuader que tous les biens qu'on possède appartiennent à ceux de qui on a reçu la naissance et l’Éducation, et qu’il convient de les consacrer sans réserve à leur service, en commençant par les biens de la fortune, en venant de là à ceux du corps, et enfin à ceux de l’àme, leur rendant ainsi avec usure les soins, les peines et les travaux que notre enfance leur a coûtés autrefois, et redoublant nos attentions pour eux à mesure que les infirmités de l’àge les leur rendent plus nécessaires. Parlons constamment à nos parents avec un respect religieux ; car aux paroles, cette chose légère, est atUicbée une lourde peine; et Némésis messagère de Dicé, veille sur ces manquements. Ainsi, il faut céder à leur colère, laisser un libre cours à leur ressentiment, qu’ils le témoignent par des paroles ou par des actions, et les excuser dans la pensée qu'un père qui se croit offensé par son fils a un droit légitime de se courroucer contre lui. Après leur mort, la tombe la plus modeste est la plus belle. Il ne faut ni excéder la grandeur ordinaire des monnmenis de ce genre, ni rester aude.ssous de ce que nos ancêtres ont fait pour leurs propres parents. » (Pi.aton, les Loi$, liv. iv.)
ca. III. LE KESPECT FILIAL.
Üol
J’ai eu plusieurs fois occasion de le dire : si douce et si belle que soit la langue de Platon, il y en a une plus belle, plus forte et plus douce encore : la voici, telle que pour la première fois elle fut entendue par les enfants d’Israël aux pieds du Sinaï, bien des siècles avant Platon ;
c Écoute, ô Israël, et observe les cominandemenls que te fait le Seigneur:
c Honore ton père et ta mère, afin que tes Jours soient longs sur la terre.
f Honore ton père et ta mère, comme le Seigneur te l’a commande, afin que tu vives long-temps, et que tu sois heureux sur la terre que le Seigneur Ion Dieu te donnera.
t Honore ton père et ta mère, car c’est le premier commandement auquel Dieu ait attaché une promesse.
t Honore ton père de tout ton cœur, et n’oublie Jamais les douleurs de ta mère.
< Souviens-toi que sans eux tu ne serais pas né, et rends-leur tout ce qu’ils ont fait pour toi; par là lu attireras sur ta télé la bénédiction de ton père, et elle repo.sera sur toi à Jamais.
c Par là, tu rafraîchiras l’àme de (a mère; l’homme qui honore sa mère amasse un trésor.
« l..a bénédiction du père assure la prospérité de ses enfants, mais la malédiction de la mère les arrache de la terre.
€ Celui qui honore son père verra sa vie se prolonger, et celui qui obéit à son père sera le rafraîchissement de sa mère.
c Le fils sage se laisse reprendre par son père, mais le moqueur n’écoute ni la réprimande, ni les conseils.
( 0 mon fils, écoute donc avec docilité ton père qui t’a donné la vie. Prête l’oreille à la sagesse et aux volontés de ton père, et ne délaisse pas les paroles de ta mère.... Elles seront comme une couronne de grâce à ton front, comme une chaîne d’or à ton cou (1). »
Voilb avec quelle vivacité, avec quelle grâce ravissante et quelle majesté de langage, les saints Livres ont énuméré les devoirs de la piété fdiale. Mais ce que Je dois surtout faire remarquer ici, c’est le caractère religieux du respect que le précepte divin impose aux enfants envers leurs parents.
(I) Dtul., IV, t. — Exod., XX, 12. — Deut., v, 10. — Eph., vi, 2. — Eccti., vil, 2», 30. — Eccli., Ill, 8, 7, 8, 11. — Prov , xxill, 22.