Î LIV. IV. L’ENFANT ET LA LOI DU BESPECT
Nous l’avons vu : un père el une mère sont les représentants de Dieu sur la terre ; non seulement parce que Dieu leur a donné sa bonté, sa tendre sollicitude, et quelque chose de sa souveraine sagesse pour élever leurs enfants ; mais aussi parce qu’il en a fait comme ses images personnelles et ses délégués immédiats, dignes d’étre honorés en tout comme il est honoré lui-méme. Voilk ce qui donne à un père, à une mère, une autorité si vénérable, et une sorte de majesté divine. Et de là vient que parmi tous les devoirs imposés par la nature et par la religion aux enfants des hommes, il en est un qui les domine tous, et qui doit survivre à tout : c’est le respect 6lial ; c’est le respect de Dieu présent dans un père et dans une mère. Le respect filial n’est pas autre chose ; et c’est aussi pourquoi, parmi tous les respects de la terre, il n’y en a pas de plus sacré. C’est un respect d’honneur, c’est un respect d’amour, et quoique ce ne soit pas un respect d’adoration, c’est un respect religieux.
Soyez saints, parce que je suis saint, dit le Seigneur, et aussitôt après il ajoute : Et que chacun de xh>us respecte son père el sa mère...
« L’homme qui craint le Seigneur respecte son père et sa mère, et il leur est soumis comme aux seigneurs de sa vie.
« Enfants, obéissez dans le Seigneur à vos pères et mères, car cela est juste... La nation des justes est obéissance et amour.
f C’est Dieu qui a imprimé au père un caractère i^ui commande le respect à ses enfants, et il a affermi sur eux raulorité de leur mère.
« Celui qui honore son père sera lui-même comblé de joie dans ses fils, et Dieu prêtera l’oreille à sa prière. Que votre respect pour votre père se montre donc dans vos actions, dans vos paroles et dans toute votre patience (i). »
Voilà le respect filial, tel que nous le trouvons promulgué dans le précepte divin, tel que Dieu l’a fait, ou plutôt,
fn Eecti., III, 8. — Ephes., vi, i. — Ereli., ni, 6.