CH. III. LE RESPECT FILIAL. 5S
si je l’ose dire, tel que Dieu en a pris le souverain modèle aux sources mêmes les plus hautes du respect pour la paternité éternelle et suprême.
Certes, je ne m’étonne pas que ce commandement vienne sur les tables de la loi immédiatement après ceux qui regardent le Seigneur lui-méme : le sage Philon a été jusqu’à penser que Dieu en écrivit le commencement sur la première table, et qu’à côté même des commandements qui ordonnent l’adoration du Seigneur et le respect de son saint nom, on lisait les premières paroles du précepte qui ordonne le respect filial.
Aussi, voyez comme tous les plus hauts respects viennent ici-bas fortifier et ennoblir celui-là ! comme toutes les belles acceptions de ce mot lui conviennent dans la langue des hommes!
On dit ; commander le respect, inspirer, imposer le respect. Rien n’est plus grand. La majesté d’un père, la dignité d’une mère y ont des titres sacrés ; jusqu’à leur dernier jour, et au-delà, c’est leur droit impérissable.
On dit : le respect de l’âge. N’est-ce pas encore un respect filial ? Le père et la mère ont une espèce d’éternité aux yeux de leur enfant : il n’a pas connu leur naissance, il ne prévoit point leur mort. Ils sont à ses yeux sans commencement, et il ne sait pas heureusement quand viendra leur fin.
On dit ; respecter la vieillesse, respecter le malheur ; mais je le demande : y a-t-il quelque chose sur la terre qui commande plus religieusement le respect que les cheveux blancs d’un père, que la vieillesse d’une mère? y a-t-il quelque chose qui inspire des émotions plus profondes.
5Si LIV. IV. L’ENFANT ET LA LOI ÜU HESPECT.
une douleur plus religieuse, que les infortunes d’une
mère, que les larmes d’un père ?
EnGn, il est des autorités si hautes et si sacrées, qu’on doit les respecter jusque dans leurs erreurs. L’autorité paternelle est de cette sorte ; le respect filial est un respect inviolable, et l’autorité paternelle demeure toujours un rayon de la majesté de Dieu (i).
Je vais plus loin. Il y a dans les malheurs possibles, dans les abaissements de l’humanité, il y a quelquefois des extrémités déplorables : un père, une mère, peuvent tomber avec l’âge dans les faiblesses intellectuelles et morales les plus humiliantes : eh bien ! c’est alors qu’un fils, qu’une fille leur doivent un respect plus tendre et plus profond : le malheur les rend plus vénérables et plus chers k la piété filiale : quelle que soit leur décadence, vous leur devez la vie ; et vous vous devez k vous-mêmes de déplorer que ceux sans lesquels vous ne seriez pas nés, soient tombés dans un si douloureux état.
€ Mon fils, recueillez avec respect la vieillesse de votre père, et ne le contristez pas dans les derniers jours de sa vie, dit adinirablemenl l’Écriture. El si le sens vient à lui manquer, respeclez-le, et gardez-vous de le mépriser dans votre force.
< Ne traitez jamais avec hauteur votre père humilié, car son humiliation ne ferait pas votre gloire, mais votre confusion. La gloire d’un fils, c’est l'honneur de son père.
< Dieu ne mettra pas en oubli la compassion dont on use envers son père, et vous serez également récompensé pour avoir supporté les défaillances de votre mère. Pour cela. Dieu vous affermira dans la justice, il se souviendra de vous aux jours de votre tribulation, et vos fautes se fondront à ses yeux, comme la glace aux rayons du soleil.
(1) C'est pourquoi, mime dans le cas unique où la désobéissance e.sl un devoir, faut-il désobéir avec une sorte de respect ; et Aulugelle Ta compris, lorsqu’après avoir rappelé les circuiistaiices où l’obéissance est défendue, il ajoute ces belles paroles : IHa lamen ipta, in guibus obtequi patri imprranli non oporlcl, lenitcr cl verreundi dcelinanda, ttntimoue relinquenda tunl, poliùs guàm retpuenda.