CH. III. LE RESPECT FILIAL. S5S
f L'homme qui délaisse son père se voue à l'ignominie, et celui qui exaspère sa mère sera maudit du Seigneur.
€ Honorez votre mère tous les jours de sa vie et jusqu’à sa dernière heure ; et n'oubliez jamais quelles douleurs elle a souffertes pour vous, et à combien de périls elle s’est trouvée exposée lorsqu'elle vous portait dans son sein (1). »
Telles sont à ce sujet les vives et touchantes exhortations des Livres saints.
Je l'ai dit, et il m’est doux de le répéter : jusque dans les derniers temps de cet âge vénérable où les forces semblent défaillir, on apprend d’un père et d’une mère les véritables maximes de la sagesse ; et puis, même quand le grand âge, quand les inGrmités de la vieillesse semblent avoir affaibli leur intelligence, ne retrouve-t-on pas toujours auprès d’eux, ce qui est si doux et si rare ici-bas, une amitié fidèle? Lorsque, dans leurs derniers jours, leurs enfants viennent encore se jeter entre leurs bras, quand ils se sentent pressés sur le cœur paternel, ne retrouvent-ils pas toujours Ik quelque chose de la tendresse de Dieu pour ses créatures les plus chères ?
Enfin, k l’heure suprême, lorsqu’une dernière parole, un dernier soupir vient errer sur leurs lèvres déjk glacées, s’il leur reste encore un dernier sentiment pour vous reconnaître et vous bénir, quelle consolation pour votre cœur ! il m’a reconnu, dites-vous : il m’a béni une dernière fois !
Et, après leur mort, avec quelle profonde affection on se retrouve dans les lieux où on a vécu près d’eux... où on les a vus, assis en famille, conversant et se récréant avec leurs enfants et leurs petits-enfants: non, rien, sur la terre, dans les divers sentiments qui peuvent émouvoir le cœur de l’homme, n’égale la triste et délicieuse mélancolie de ces lointains et ineffaçables souvenirs !
;i) EccH.. III, 12, IS. - Tob.. III, 4.