LIV. IV. I.’KNFANT ET LA LOI DU RESPECT
« Si qiiRiqu’un n maudit son père ou sa mère, que son sang retombe sur lui !
c Celui qui aura frappé ou maudit son père ou sa mère, sera puni de mort.
« Celui qui regarde avec moquerie son père, et dont l’œil a méprisé sa mère, que les corbeaux des torrents lui arrachent cet œil, et que les petits aiglons le dévorent ! >
Je rappellerai encore cette ancienne ordonnance de la loi, dont tous les détails sont si remarquables :
c Si un homme a un fils insolent et rebelle, qui n'écoute pas l’ordre de son père ou de sa mère, et qui, ayant été repris, dédaigne de leur obéir, ils le prendront et le conduiront aux anciens de la ville et à la porte du jugement. Et ils leur diront : Voici notre fils qui est insolent et rebelle; il refuse d’écouter nos avertissements, et il passe sa vie dans la débauche, dans la dissolution et dans les festins.
< Alors le peuple de cette ville le lapidera, et il mourra, et vous ôterez ainsi le mal du milieu de vous; que tout Israél l’entende et soit saisi de crainte. »
Je ne dois pas omettre de citer encore ici deux autres passages des saints Livres, qui ont une particulière importance :
c Celui qui dérobe quelque chose à son père, et à sa mère, et qui prétend que ce n’est pas un péché, a part aux crimes des homicides. >
En effet, quoique ses parents soient vivants, il semble les tenir pour morts, puisqu’il se mot par avance en possession de leur bien.
c Celui qui dépouille son père et met sa mère en fuite, est misérable et infâme. >
Et encore cette autre grave recommandation ;
« Ne dédaignez pas votre père et votre mère lorsque vous siégerez parmi les grands, de peur que Dieu ne vous abandonne au milieu de ces grands même, et qu’étourdi de votre fortune, vous ne tombiez dans l’opprobre, regrettant alors d’avoir vu le jour, et maudissant l’heure de votre naissance (1). >
(I) Prw., XXX, U ; xx, 20. — Sxod., xxi, 15, t7. — Prov , xxi, t7. — Exod., XX, 9. — Deul., xxi, 18, 21. — Prov., xrx, 26; xxviii, 24. — Ecrit., XXIII, 18.
r.H. III. LE RESPECT FILIAL. 559
Je pourrais rapporter bien d’autres passages encore, où le sens divin se fait également sentir; mais ceux qu’on vient de lire suffisent à démontrer que, si rien n’est plus touchant et plus suave même que les promesses faites à la piété filiale, rien n’est plus grave aussi que les menaces adressées aux mauvais fils, rien n’est plus effroyable que les châtiments de Dieu sur eux : et j’ai tenu â réunir ici quelques-uns de ces terribles témoignages, afin que les parents les fassent lire â leurs enfants, et que les enfants y pensent , et aussi afin que les pères de famille y réfléchissent sérieusement de leur côté.
Car c’est k eux à prévenir de tels malheurs ; il y a bien peu d’enfants maudits de Dieu, qui n’eussent été bénis et sauvés, si leurs parents les avaient élevés dans le respect, sans jamais laisser fléchir leur fermeté h cet égard .
J’ai parlé de la fermeté de l’instituteur : celle des parents doit être plus grande encore, inspirée de plus haut, et invincible, par la raison très-simple qu’elle s’appuie sur une plus solide autorité; faut-il l’ajouter? parce que les parents sont d’ailleurs ici les premiers intéressés.
On a remarqué que Dieu ne commande nulle part aux parents d’aimer leurs enfants : la nature, le cœur d’un père et la tendresse maternelle y suffisent; mais ce cœur et cette tendresse ont besoin d’étre fortifiés et prémunis contre eux-mémes. Aussi c’est surtout la fermeté, la sévérité, la correction, et quelquefois l’acte le plus rigoureux de l’autorité, le châtiment, que les saintes Écritures recommandent aux parents. La plupart des passages des saintes Écritures ne recommandent pas autre chose ; tant
36ü LtV. IV. L’ENKANT ET LA LOI DU RE.SPECT. il est vrai que pour les parents, auxquels l’amour ne sàiH rait manquer, c’est la fermeté qui est nécessaire avant tout !
La droiture du cœur, la pureté des mœurs, l’amour de la vérité et de la justice, la charité, et surtout la crainte de Dieu et la piété, telles sont les vertus que les parents doivent enseigner à leur enfant. Eh bien ! au dire des saintes Ecritures, c’est la fermeté surtout qui fait pratiquer ces vertus et qui inspire aux enfants le respect, qui en est l’âme.
« Vous avez des enfants? Appliquez-vous à les élever comme il faut, et pour cela accoutumez-les dès leur plus tendre jeunesse au joug de l’obéissance.
c Ce n’est point aimer son fils que de lui épargner les corrections; quana on l'aime véritablement, on s’applique à le corriger.
t Le cheval qu’on n’accoutume point au mors devient indomptable; et l’enfant abandonné à lui-même ne connaît plus de frein, et se précipite.
< Ne vous rejouissez pas d’avoir un grand nombre d’enfants, s’ils sont sans religion, et ne mettez pas en eux votre joie, s’ils n’ont pas la crainte du Seigneur... s’ils sont sans respect.
< Un seul enfant qui craint Dieu, est préférable à mille qui le bravent.
c Mieux vaut mourir sans enfant, que d'en lai.sser après soi qui vivent dans l’impiété. — Disciplinez donc votre fils sans jamais perdre courage, de peur qu’il ne vous réduise à l’aflreuse nécessité de souhaiter sa mort.
€ Celui qui aime son fils ne se lasse pas de le corriger ; c’est par là seulement qu’il trouvera en lui sa joie à la fin de ses jours, et qu’il ne le verra pas mendier aux portes. — La réprimande et la correction donnent la sagesse.
c La déraison est attachée au cœur de fenfanl ; c’est la verge de la discipline qui peut seule l’en chasser (1). >
Et afin que nul motif ne manque aux parents pour se décider à exercer avec fermeté les droits et les devoirs de
(1) Bccli., vu, 25. — Prov., xiii, U. — Eeeli., xxi, 7; xvi, t, 5, — Prov., XIX, 18. — Eeeli., xxx, 1. — Prov., xxix, 1.5; xxii, 15.