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.194 I.IV. V. I.K CONDI'il'.IIM.K KT l. JÎIKK.AI ION PI BLIQUK.
fanis sans mœni-s, régnent l’indifférence irréligieuse, l’impiété et l’immoralité, il n’y a pins de question, pour moi du moins, ni pour mes lecteurs, j’en suis sûr.
Il demeure donc bien entendu que si, — sauf les exceptions qui sont par là meme infiniment honorables, — il résulte de mes paroles que la haute, la forte Éducation intellectuelle, religieuse et morale, celle qui fait les hommes distingués, les hommes supérieurs, est l’Éducation publique, je n’entends parler que de la bonne Éducation publique et des collèges chrétiens.
Autrement j’aurais moi-même horreur de mes paroles et des suites qu’elles pourraient avoir.
Je veux répéter de plus ce que j’ai déjà dit tant de fois, à savoir qu’il ne faut pas commencer l’Education publique de trop bonne heure. La première Éducation doit se faire au foyer domestique. Pendant ces premières et tendres années, l’enfant ne peut se passer des leçons et des soins maternels. Il faut seulement que cette Éducation soit bien faite ; qu’on ne l’abandonne pas à des femmes indiscrètes, à des domestiques déréglés, à des mercenaires sans cœur.
C’est seulement à partir de l’époque où commence pour l’enfant une suite de soins plus austères et d’études plus sérieuses, que l’Éducation peut être publique. Cette époque varie naturellement, selon que les enfants ont un esprit plus ou moins ouvert et préparé, une santé plus ou moins affermie, un caractère plus ou moins formé, et aussi, selon les facilités plus ou moins grandes qu’on a pour les bien élever dans la maison paternelle.
Je dois rappeler encore que le choix de l’Éducation publique est une affaire de raison et de conscience, non de commodité ou de paresse : le père et la mère ne doivent jamais cesser de s’occuper de leurs enfants et présider
LIV. V. LE C0NÜ1SI'.IPLE KT L'ÉÜDC.ATUtN PUBLIQUE. 59j toujours activement li leur Éducation. Je prie mes lecteurs de vouloir bien relire au besoin ce que J’ai écrit sur l’esprit de famille et sur les relations constantes et nécessaires des enfants avec leurs parents.
Je dois redire enfin, et en me servant des paroles même d’un de mes plus honorables contradicteurs (1) : « Que si « l’Education publique est bonne pour le plus grand « nombre, si je conseillerais toujours de la choisir, lorsn qu’on n’est pas en position de bien élever son fils chez « soi, ou lorsqu’on n’a pas le courage de l’entreprendre: » dans des conditions différentes , c’est-b-dire, avec des parents qui peuvent et qui veulent diriger eux-mémes l’Education de leui's enfants, et avec des enfants d’une certaine trempe d’esprit et de caractère, je crois que l’Éducation privée peut être très-bonne, an moins jusqu’à quatorze ou quinze ans, et j’en ai vu quelquefois des résultats excellents.
Sous le bénéfice de ces observations importantes et de ces exceptions spéciales, je vais maintenant étudier la question posée entre l’Éducation particulière et l’Éducation publique.
Les avantages et les inconvénients qui doivent porter à préférer l’une à l’autre , peuvent être envisagés sous divers points de vue :
1° Quant au développement de l’esprit ; 2° quant à la formation du caractère; 5° quant à la pureté des mœurs; 4° quant au gouvernement même de l’Éducation, c’est-àdire quant à l’autorité et au respect qui doivent y régnei;.
J’entre immédiatement en matière.
(1) M. le duc d* Féiensac.