‹ De l'educationChapitre 183 sur 188 · LIV. V. INKUiKNCK D(i COMXSCIPLK · texte numérisé non relu

LIV. V. INKUiKNCK D(i COMXSCIPLK

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Oii liinii, si VOUS ne recevez pas chez vous ce jour-là, vous allez chez les autres. Vos enlànts vous voient partir. Vous allez au spectacle, au hal : jamais vous n’avez eu l’air plus brillant, plus heureux. Que vous ne le soyez pas au rond, c’est ce qui ini|)orte peu : vous en avez l’air. Votre enfant n’a pas, coinnie vous, rexpéricnce de la vie, pour .savoir ce que cela vaut, et ce que cela cache. Vous avez beau le baiser au front et lui dire : Les enfants ne vont pas au spectacle; tu nascinand ton Education sera finie : outre qu’il ne comprend guère comment il ne peut aller s’amuser la où s’amusent ses parents, vous s»;ntez quel goût cela lui donne instinctivement pour son précepteur et son Éducation.

Il va donc se coucher sur cette joyeuse séparation ; et le lendemain il vous retrouve à déjeuner, où vous parlez de ce que vous avez fait, de ce que vous avez vu, de ce que vous avez entendu, la veille, au spectacle ou dans le monde. Il entend son frère aîné ou ses beaux-frères vanter le charme des acteurs, la grâce des actrices, le ravissement de tout ce qui s’est passé : et vous voulez que ses thèmes et ses versions, le grec et le latin, le précepteur et le catéchisme, l’Education et la vertu, ne lui paraissent pas singulièrement fades et pâles, disons le mot, ridicules et odieux* comparés à des enchantements dont il voit son père, sa mère, ses frères, ses sœurs et toute sa famille enivrés!

Non, non ; il ne faut pas demander aux enfants une sagesse, des sacrifices et des vertus dont on n’est pas capable soi-même, et dont on ne leur donne pas l’exemple ! Et c’est ce que fait perpétuellement l’Éducation privée.

Il ne faut pas attendre que les enfants estiment comme bon, digne, important, ce qu’ils voient négligé, méprisé

CH. IV. L.\ l'UntTÈ DES MOEIKS. (Ui

dans • leurs familles; et qu’ils regardent comme vain ou dangereux, ce dont leurs parents parlent sans cesse, et quelquefois avec transport.

Je sais bien que, pour adoucir l’austérité de leur Kducation, on a imaginé les bals d’enfants : faut-il, ici, dire pleinement ma pensée?... ce sera, du moins, mon dernier mot. Oui : il est vrai, les bals d’enfants sont une des consolations et des joies de l’Éducation privée. Mais pour moi, je dois l’avouer, ils me consolent peu et me rassurent encore moins ! Je l’ai déclaré souvent : je n’aime pas qu'on arrache un enfant ’a sa mère, et qu’on le livre, avant le temps, à l'Kdocation publique! Mais si les bals d’enfants continuent, je serai condamné moi-même à demander que l’Éducation publique commence plus têt. Sérieusement, quand se décidera-t-on à respecter ces âmes immortelles et à renoncer ’a toutes les indignités par lesquelles on les profane?

J’en ai dit assez, peut-être trop sur tout cela : je ne le regretterai pas, si j’ai ))ii inspirer quelque réllexion sérieuse à ceux dont les intérêts me touchent si profondément.

CIIAPITHE IV.

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