‹ De l'educationChapitre 20 sur 188 · I.IV. I«. DlEi · texte numérisé non relu

I.IV. I«. DlEi

«lans l’œuvre de rKducation, c’est là que je trouve le droit de dire ici tout ce que doivent être le père, la mère, l’instituteur, pour travailler à ce premier développement de la vie morale, dans la jeune créature qui leur est confiée.

Oui : il faut que la présence de Dieu, présence active, et en quelque sorte personnelle, soit souvent rappelée dans le cours des journées, et au milieu des phases diverses et des diffîcultés inévitables de l’Éducation : il faut que Dieu et son saint nom, il faut que le souvenir de sa puissance et de sa bonté, interviennent fréquemment, et avec amour : autrement l’Éducation religieuse et morale ne se fait pas, ou se fait mal. L’amour et la crainte de Dieu, voilà ce qu’il faut surtout inspirer à l’enfant : l’amour de Dieu, ce sentiment si noble et si pur, qui est si naturel et si vif dans un jeune cœur, et qui peut lui faire faire de si grandes choses! L’amour, et aussi la crainte de Dieu : non pas une crainte servile et odieuse, mais cette crainte filiale, également respectueuse et tendre, dont Bossuet, instituteur du grand Dauphin, écrivait autrefois : « Qu’il apprenne sans doute toutes les sciences convena- « blés à sa condition, et même celles qui peuvent , de « quelque manière que ce soit, |)erfectionner l’esprit, « donner de la politesse, orner la vie et mériter l’estime « des savants (1). Mais, avant tout, que dès sa plus tendre ff jeunesse, et, pour ainsi dire, dès le berceau, il apprenne « premièrement la crainte de Dieu, qui est le plus fort A appui de la vie humaine (2). »

(t) Tum egregitu omîtes disciplinas arlesquc. gute eum dereanl.... verùm et eas quee quomodocumque animum perpolirc. omare vitam, homines littrralos cnneiliare... possinl. (Bosslet, Insl. Delph.)

(2) A teneris, ul aiunl, unguiculis, primùm timorem Dei, quovila humana nililur. ... prrriisint. (Iliid.)

CH. IV. ALTOKITK' DK DIKL' D.ANS L’KUIJCATIO.V r.r,

Adressant de si graves leçons aux instituteurs d’un pays chrétien, je suis aise de pouvoir leur citer, après Bossuet, sur la crainte de Dieu, les paroles inspirées par celte sagesse qu’on a nommée païenne : « Oui , disait Platon, il « faut introduire discrètement en son cœur, pour s’y op- N poser à l’invasion de l’impudence, la plus belle des « craintes, cette crainte divine que nous avons appelée du « nom de pudeur, cette crainte qui exclut toutes les au- « 1res (i). »

N’est-ce pas, en effet, celte crainte religieuse, qui inspire à l’enfant l’amour du travail, la pureté des mœurs, la docilité, le respect pour vous, et aussi le res[)eet pour luimême? Je dis pour lui-même : Qu’est-ce, en effet, que la pudeur, si belle et si pure au front de la jeunesse, si sainte et si noble dans les regards de l’âge mûr, si vénérable sons les cheveux blanchis du vieillard, sinon la plus haute délicatesse du respect pour soi?

Certes, après de telles autorités et de telles pensées, j’ai le droit de le dire : Malheur aux Éducations on le nom de Dieu ne préside pas , où son souvenir est rare ! Malheur aux Éducations qui renvoient l’enfant coupable au châtiment avant de le renvoyer à sa conscience , (|ui le font comparaître devant un maître irrité, avant de le faire comparaître devant Dieu !

Ah ! voiPa pourquoi une mère vertueuse se félicitera toujours d’avoir demandé pour ses enfants à des instituteurs pieux, laïques ou non, les premières leçons de la sagesse, et sera heureuse d’avoir mis leur innocence à l’abii .sous les ailes de la Religion, et d’avoir travaillé elle-même à leur inspirer de bonne heure l’amour et la crainte de Dieu ! Un jour, quand elle entendra ces voix innocentes

(I) Pi.ATON, (1rs Tmis, liv, ni.

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