LIV. !>■. biEr
et pleines de vie lui redire les témoifçnages de leur amour; quand elle verra ces regards si purs, ces fronts si radieux, ces sourires si pleins d’espérance; quand elle déposera sur leurs lèvres la douce expression de sa tendresse, elle pourra du moins être sans inquiétude, et respirer avec confiance auprès de ces jeunes coeure les parfums de la vertu !
Mais ce n’est pas tout : il faut encore, quand on se charge du grand ministère de l’Édiicalion, il faut encore prier : oui, il faut invoquer le Père de toute lumière, de toute intelligence, c’est-à-dire le Dieu de toute Éducation intellectuelle ; il faut invoquer le Dieu de la conscience, le Dieu de toute vertu, c’est-à-dire le Père de toute Éducation morale.
Il faut que l’instituteur prie : il faut qu’il enseigne à cet enfant la prière, qu’il lui apprenne à invoquer chaque jour, pour la conservation et le développement de sa vie intellectuelle et morale, son Créateur et son Père.
Tout instituteur qui ne prie pas et ne sait pas inspirer l'amour de la prière à l’enfant qu’il élève, est un instituteur incapable de la mission qui lui est confiée.
Et il faut bien que je le redise : je ne prétends point faire ici forcément de l’instituteur un prêtre, et de ses leçons un catéchisme : ce serait me prêter gratuitement ce qui ('St fort loin de ma pensée. Non, je ne demande, — ou plutôt il n’est pas question de moi, — les grands et incontestables principes que j’ai posés ne demandent qu'une chose, c’est que l’instituteur, laïque ou non, soit un homme religieux, c’est-à-dire, se respecte lui-même en respectant l’œuvre qu’il fait et l’enfant qu’il élève; et certes, il n’est pas nécessaire pour cela d’être prêtre , il suffit d’être honnête homme.
CH. IV, Al TORITÉ DK DIKl! DANS L ÉDUCATION. 5,'i
Lhomond était prêtre : Rollin, et tant d’autres pieux instituteurs, que je pourrais nommer, ne l’étaient pas ; mais tous savaient inspirer l’amour et la crainte de Dieu à leure élèves, et Rollin n’avait pas eu besoin de recevoir les ordres sacrés, pour apprendre que c’était là le premier devoir de l’autorité dont il était revêtu .
Qu’on ne me dise pas non plus que je fais ici une supposition vaine, que je combats des adversaires invisibles, imaginaires ! que personne ne songe à élever la jeunesse sans Dieu, sans Évangile, sans Jésus-Christ! On ne sait que trop que je ne me livre pas ici à une vaine supposition. Le grand instituteur du dix-huitième siècle , le grand sophiste de l’Éducation , celui dont plusieurs célèbrent encore la sagesse et les maximes, n’a-t-il pas affirmé qu’il ne fallait point prononcer le nom de Dieu à un jeune homme avant sa vingtième année? que jusqu’à cet âge la jeunesse devait ignorer le nom de son Créateur?. . Il est vrai qu’il fallait aussi qu’elle ignorât l'existence de son âme, de cette âme même qu’il fallait élever!.... Et depuis la proclamation de cette horrible doctrine, depuis cinquante années, en Europe, que n’a-t-on pas fait pour la réaliser, même en ayant l’air de la renier? Que d’essais publics et privés , que de systèmes , que de plans immenses d’administration pédagogique, pour organiser l’instruction sur toute la surface du pays, plus ou moins en dehors d«' Dieu, pour le hannir loin de l’Éducation, ou l’y admettiv le moins possible !
Ce qu’on me répondra , c’est qu’en France, nous n’eii sommes plus à Rousseau. Nous reconnaissons avec vous, me dira-l-on, que Dieu doit avoir une place dans l’Éducation de la jeunesse et que sans lui l’Éducation est .à peu près impossible, au moins l’Éducation morale; nous