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no vonlons doiio point oontoster ici; nous accordons lotit ce tpii est vrai, mais il ne faut pas l’exagérer. Iæs choses les plus certaines en théorie ont hesoin de se modifier dans la pratique. Au fond, et dans le vrai, l’Éducation proprement dite ne se fait pas rigonreusenient dans les conditions que vous dites : dans le fait, et en dépit de cette morale si austère, et de toute cette métaphysique si subtile, n’est-il pas évident que rÉducation intellectuelle, par exemple, peut s’aceom|)lir sans que les instituteurs et les enfants se jettent dans une spiritualité si haute , et par (■outre-coup peut-être, s’égarent dans une dévotion si ralfinée?
Je vous entends et je vais vous répondre ; oui, sans doute , vous pouvez nous dire , sinon avec une religion profonde , au moins avec une raison apparente , que pour ap|>rendre du grec, du latin et des mathématiques. Dieu ne semble pas servir à grand’chose; et cependant je pourrais vous dire aussi avec quelque apparence de raison, que ce que vous allirmcz n’est pas très-sùr; que c’est peut-être Dieu qui aide notre intelligence dans cette étude , et sonlient notre esprit ; oui , l’esprit de votre élève : que sais-je? le vaUre peul-(Hre aussi, tout fort qu’il est ; et si cela est incontestable , comment oseriez-vous laisser croire il cet enfant et croire vous-même que Dieu n’est pour rien dans cette grande conquête de la parole et de la pensée, qui se fait par l’élude des langues et des littératures, et même pour rien dans cette grande étude des sciences? L’Éducation intellectuelle ne sera-telle donc jamais pour vous que renseignement des langues mortes et des sciences abstraites?
Voudriez-vous à toute force nous le persuader? N’a-t-on pas fait assez |»onr cette triste thèse? n’est-il pas temps
('.11. IV. .M'TUKITE DE DIEU DANS I.'ÉDl CATION. ”
de penser autremcnl et de parler un aiilre langage? n'eslce pas l’accosalion universelle qui s’esl (ilevée contre l’Kducation du siècle? De quoi se plaint-on d’un bout de la France a l’autre, sinon de ce que des professeurs, que disje? de ce que des préparateurs sullisent à tout, et que la jeunesse n’a plus d’instituteurs? Chose étrange! ou ira plus donné ce grand nom (pi’aux maitres d’école, et ou sait l’usage qu’ils en ont fait pendant ces courtes, mais tristes années, où la France tremblait sous eu.v.
Croyez-moi, nous pouvons mieux : bon gré, mal gré, l’Éducation intellectuelle s'éb'ive plus haut, et quand on la fait sérieusement, elle ne larde pas à atteindre dans le grec même, le latin et les mathématiques, des hauteurs où Dieu se rencontre.
Je l’avouerai néanmoins : le développement, l’Kducation physique se fait quelquefois sans que le nom de Dieu intervienne : il est même possible, a la rigueur, que le développement intellectuel se fa.‘-se aussi, dans une certaine mesure, sans que ce nom auguste soit prononcé avec respect et religieusement invoipié une seule fois, l/instituteur peut manquer indignement à ce devoir, sans que Dieu manque aux desseins de sa bonté et de sa providemte.
Toutefois, je crois devoir le dire, c’est s’exposer beaucoup : quand Dieu offense* se retire d’une Kducalion, ipiel que soit le professeur, je ne puis m’empêcher de craindre pour elle ; j’en ai vu de tristes exemples. Votre élève grandit, c’est possible; mais voulez-vous me dire pourquoi tout-à-coup celte jeune nature s’altère? pourquoi à dixhuit ans son esprit se trouble? pourquoi sa mémoire .s’en va? pourquoi son imagination s’éleinl? pourquoi sa sensibilité se dessèche? pourquoi son intelligence est sans flamme et sans vie? Voulez-vous me dire pourquoi, sous