‹ De l'educationChapitre 23 sur 188 · LIV. I". ÜIEl · texte numérisé non relu

LIV. I". ÜIEl

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voire main, tout est tombé en lui dans la médiocrité imbécile, et semble s’affaisser en cet engourdissement fatal, dont les chiens de chasse, les femmes et les chevaux auront seuls le pouvoir de le faire un moment sortir? Vous l’ignorez ; moi je crains d’en savoir la raison.

Mais laissons ces lamentables et nombreux exemples : je le veux, tout vous a réussi ; vous instruisez votre élève sans lui jamais parler avec respect et avec amour du Dieu qui l’a créé; vous abusez sans remords, et sans châtiment visible, de tous les dons du Créateur; vous vous servez du concours providentiel qu’il vous donne â chaque heure pour faire porter à cette jeune créature, avec les nobles fruits de la science, les fruits de l’irréligion; vous êtes semblable à un jardinier pervers qui abuserait de ce que le soleil, la rosée du ciel, la sève de la terre ne lui manquent jamais, et qui par une greffe coupable ferait germer des poisons au cœur des arbustes sains et purs confiés à ses soins.

Mais enfin vous avez réussi : votre élève n’a ni piété, ni foi, ni christianisme, et il a beaucoup d’esprit, et il sait le grec et le latin à ravir ; il paraît posséder comme vousniémc la grammaire et la rhétorique, et même, avec des mathématiques, je ne sais quelle logique que je ne veux ni définir ici, ni juger. Mais cette autre nourriture admirable de l’intelligence, qui se trouve aussi dans le grec et dans le latin, dans ja rhétorique et dans la grammaire, dans les sciences et dans la philosophie, quand on sait l’y chercher, et qu’on ne borne pas l’Éducation à l’enseignement matériel ; celle nourriture mystérieuse d’où nait la vraie grandeur de l’intelligence, avec le goût sublime du vrai et du beau ; d’où nait la connaissance de Dieu et le sentiniciit (les devoirs; d’où nait la vertu et avec elle les

CH. V. AUrOllITK DE UiEU DANS l.’hiDlîf.ATIO.N. ',!J

grandes pensées ; d’où naît eiiJin le respect de toutes les choses divines et humaines... sans Dieu , je vous le demande, qui se chargera de la préparer ù l’enfant, celte nourriture de vie?...

Mais, puisque J’y suis amené, permeltez-moi de vous dire ici ma pensée tout entière sur celle Éducation intellectuelle, si étrangement méconnue, si indignement abaissée par tant d’instituteurs ! Pour le mieux faire, je remonterai encore à la belle lumière des principes supérieurs qui éclairent toute celte question.

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