‹ De l'educationChapitre 24 sur 188 · SL'ITE ET FIN DU MÊME SUJET · texte numérisé non relu

SL'ITE ET FIN DU MÊME SUJET

Non-seulement, je vous l’ai dit. Dieu est l’ouvrier le plus puissant et le plus habile, l’ouvrier néressaire de la grande œuvre de l’Éducation humaine, mais il est aussi te seul modèle et la parfaite image de l’œuvre à faire; et voilà pouniuoi vous ne pouvez travailler à cette œuvre et détourner un moment de lui vos regards.

Dieu est dans l’Éducation, comme partout, le principe, le milieu et la fin de toutes choses : vous le retrouvez dans les facultés mêmes de l’enfant que vous élevez : vous le retrouvez dans les sciences, dans les lettres, dans la poésie, dans les arts que vous lui enseignez ; dans les principes les plus simples du goût ({uc vous lui dictez !

On l’a dit, et il est vrai, il n’y a pas une des avenues

(Il I.IV. 1». DlEr.

légilimes de rinlelligeiice humaine, à rextréinité de laquelle Dieu n’apparaisse, comme le soleil unique qui éclaire, qui illumine tout. Direz-vous cela à l’enlant, ou déroberez-vous à ses regards, à son admiration, la prér sence de son Dieu ?

Entrons dans le détail : tout est ici magnilique et digne des plus hautes méditations.

Dieu est vérité, heaulé, honte suprême; mais le vrai, le beau et le bien ne sont-ils pas l’objet essentiel de l’enseignement intellectuel et moral dans l'Éducation ? Mais les facultés mêmes de l’enl’ant que vous devez élever, ne sont-elles pas à la ressemblance de Dieu ? Dieu est vie, intelligence et amour; l’cnl'ant est-il autre chose?

Reraarquez-le bien : non-seulement Dieu voulut que sa vérité, sa beauté et sa bonté suprême, peil'ections constitutives de sa propre nature, fussent le fond même de l’être en cet enfant, et t>ar conséquent l’objet et la forme de son Éducation; mais, de plus, il a voulu que les puissances les plus hautes de sa divine nature vinssent se réHéchir dans ces facultés naissantes que vous êtes chargé de développer. Cet enfant, il vil donc, il pense, il aime, comme Dieu aime, pense et vil. Y avez-vous jamais songé? croyez-vous inutile de le savoir? croyez-vous inutile de le dire? pensez-vous que celle philosojdiie soit indigne de vous?

Je ne veux pas m’étendre plus qu’il ne convient sur cet admirable sujet : toutefois, je ne puis m’empécher de faire remarquer ici celle trinité surprenante, qui, dans l’admirable unité d’une nature créée et imparfaite, laisse entrevoir une image si vive cl une si étonnante ressemblance du Dion infini : et si je m’arrête à considérer avec admiration ces grandes choses, c’e.sl (pie là se trouve le

(.11. V. ALiTOKlTK ÜF. DIFl- DANS L'ÉÜI'CATION. 41

principe de l’harmonie, de la plénitude et de la force des facultés humaines, et que cela ne peut étn* impunément ignoré de quiconque se dévoue à les cultiver.

Cette théorie des facultés humaines, que je me borne h indiquer ici, n’est que le principe et le fondement de la théorie même de l'Éducation. En toutes ces choses. Dieu apparaît : son nom, su splendeur éclatent de toutes parts, et il faut redire avec le poète païen :

Abjove principiiim : jouis omnui pletia.

C’est jusqu’à ce sublime idéal que l’enfant doit être élevé ; et si les lettres, les sciences .et les arts sont un moyen d’Éducation si puissant, c’est qu’ils représentent dans tout ce qu’ils ont de vrai, de beau et de bon, la vérité, la beauté et la bonté suprême, c’est-à-dire le Dieu même, dont la présence vous fatigue et dont vous ne prononcez jamais le nom.

Bon gré, mal gré, le vrai, le beau et le bien , sont l’objet naturel, l’objet es.sentiel des facultés humaines et de leur développement par l’Éducation : et en dehors du vrai, du l)cau et du bien, c’est-à-dire sans Dieu, il y a impossibilité absolue de concevoir un développement réel de la vi(}, de l’intelligence et de l’amour dans une cniature quelconque.

Voyez l’enfant, le plus jeune, dont vous commencez la première Éducation : étudiez sa raison; le premier éveil de cette faculté supérieure, c’est l’intelligence de la i'értlé:

Étudiez son imagination : son premier regard, c’est la vne, l’admiration de la beauté.

Enfin le sentiment, l’amour de ce qui lui parait bon, est la première vie, la vie encore indéfinissable, mais certaine de celte vitloiilé si faible encore et qui un jour devien-

li I.IV. I«r. DiKl!.

(Ira si iorle, de celle setisibililé, qui sera bienlût si vive el si ardenle.

Mais, prenez garde ! si les facullés de cet enfant sont admirables el vraimenl divines, elles sont fragiles aussi, périssables, faciles à troubler ; il faut donc les elever convenablement, les fortifier, les mettre en harmonie les unes avec les autres, et pour cela, les mettre en harmonie avec Dieu. Il faut les protéger et les défendre contre toute dégradation ; il faut enfin conserver en elles la ressemblance de Dieu.

Telle est votre œuvre : voila ce que vous devez à cet enfant et au Dieu dont il est l’image ! L’Education qu’il attend de vous n’est pas autre chose. Et vous ne pouvez accomplir cette œuvre, qu’en faisant participer ses facultés, autant qu’elles le peuvent, à la richesse el à la force des facultés divines; en un mot, qu’en réalisant avec toute la perfection dont sa nature est capable, la parole divine (|ui l’a créé : Faciamm hominem ad imagiucm et ad simtlitudinem nostram (1).

Encore une fois, telle est votre œuvre, el vous prétendriez l’accomplir loin de Dieu ! et vous ne sentiriez pas le besoin d’invoquer son nom, de le prier ! et toute votre religion ne se révélerait que par des généralités vagues qui n’engagent à rien, ni votre esprit, ni votre cœur, ni votre conscience! C’est manifestement impossible : aussi qu’arrive-l-il .souvent ? L’œuvre ne se fait pas. Il y a pire encore : elle se fait indignement, el tout se déprave sous la main d’un instituteur sans fui.

Mais je n’ai pas tout dit. Il n’y a pas seulement le Beau el le Vrai, il y a le Bien. Il y a ce qui est bon el honnête; il y a la vertu, il y a la morale, il y a les devoirs!

(1, Gcnc.sr, I, 2ti.

Page 1