LIV. 1". DIEU
>^crée, invincible el triomphante à la longue ! pour lutter contre Dieu et contre l’enfant qui est son ouvrage, el qui ne peut être élevé sans lui. Oui, instituteurs sans religion, vous avez lutté contre Dieu, cl c’est une lutte insensée! mais je ne crains |)as de le dire, vous avez lutté contre une force peut être plus invincible encore que la sienne : c’est la force de cet enfant.
Oui, c’est cet enfant qui vous a vaincus, ou plutôt Dieu par lui !
Dieu semble quelquefois laisser faire. On abuse, el il ne SC montre point; le cbàliment divin ne vient pas immédiatement; mais l’enfant est moins patient que Dieu; il ne vous laisse pas faire. Vous ne pouvez pas l’élever sans Dieu impunément pour vous.
Il faut qu’il fasse goûter h ses instituteurs les premiers fruits, el c’est justice (1), les fruits amers de l’Éducation coupable qu’il a reçue d’eux.
Je me suis trompé, en disant que le châtiment divin ne vient pas immédiatement : c’est là le grand châtiment ; vous avez donc eu beau faire’ les enfants vous ont vaincus.
On a vu naguères avec épouvante ce que deviennent les généitations qui s’élèvent mal : on les avait élevées sans Dieu, el on s’est trouvé tout-à-coup livré à leurs folles humeurs, à leurs fantaisies les plus dépravées, à leurs passions déchaînées ! Grande leçon, loi sévère, mais juste, de la Providence ! c’est par les désordres, par l’agitation turbulente des générations naissantes, que Dieu a réclamé enfin scs droits méconnus sur l’Éducation de la jeunesse.
Pour moi, en 1848, lors(j.ue je vis la France entière se
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CH, VI. L AIHISTOI-Vr DIVIN D.AN.S l.’RlH CATIO.N. 4U
lever, senlanl avec effroi qu’elle (levait se défendre eutin contre celte jeunesse; et le 25 février, au matin, lorsque des hommes faits, des vieillards, des magistrats, d’anciens ministres, des oOiciers géiu'raux , se formèrent en patrouilles de jour et de nuit, pour garder la cité; lorsque je les vis condamnés, jtour maintenir l’ordre public, h se donner un moment pour chefs cette jeunesse même et ces enfants, qui seuls alors étaient respectés, je me suis souvenu des paroles de l’Écriture : « Par où on a péché, c’est par là « qu’on souffre : Per quœpeccat quia, per hcec et lorquelur » (Sap. H-17). El encore; « Je leur donnerai pour chefs « des enfants; et des jeunes gens de mauvaise vie les gou-
« verneront : Da6o principes pueras eorum Efpxmi-
« uali dominabuntur eis » (Isaïe, 5-i).
Et depuis, j’ai béni le jour où, dans une assemblée nationale, la généreuse initiative des chefs les plus sages de rUniversité elle-même, et le concert des hommes politiques les plus illustres, a donné au pays, aux familles, à l’Église, la liberté d’enseignement.
ÉHAPITKE VI.