‹ De l'educationChapitre 27 sur 188 · I.IV. 1«. UIEl · texte numérisé non relu

I.IV. 1«. UIEl

li(M» ; c’est ce que je vais essayer dans ces derniers chapitres; J’irai, autant que je le pourrai, au vif des questions; j’appellerai les choses par leur nom ; et quels que soient les détails dans lesquels je dois entrer, il apparaîtra , j’espère , que dans les questions importantes, on ne descend jamais quand on arrive h la pratique.

De tout ce qui précède il suit ; 1“ que Dieu doit occuper la première place dans l’Éducation : 2® que l’instituteur n’y est que son ministre, son représentant, son envoyé; 5® que cette œuvre est une œuvre intérieure , en d’autres termes, l’Éducation des âmes.

Mais où en sommes-nous sur ces graves objets? Voilà ce que je veux expliquer ici ; et c’est pour le bien faire entendre que je ne reculerai devant aucun détail.

On remarque, parmi nous, trois manières de concevoir et de faire l’Éducation de la jeunesse, et comme trois sortes d’Éducation possible , plus ou moins dignes de ce grand nom.

On voit à l’œuvre : la spéculalioii ,

L’administration,

Vapostolat :

Li spéculation, qui veut et cherche la fortune;

L’administration, qui veut et fait l’ordre matériel et disciplinaire, et cherche l’honneur qui en résulte ;

L’apostolat, qui cherche et veut les âmes, selon le grand mot des saints livres : Da milii animas !

Si l’apostolat ajoute : Cœtera toile tibi, ce n’est pas qu’il néglige l’administration ; non , assurément ; l’ordre administratif, matériel et disciplinaire, est essentiel, et l'apostolat s’en occupe.

11 ne néglige pas non plus les soins économiques • en chaque chose le bon ordre est nécessaire.

»;h. VI. i;.\posToi,.\T ülVl^ iuns i/éducatio.n. 5t

Mais l’ordre administratif, l’ordre économique, pour l’apostolat, ne sont que des moyens d’arriver au grand but de l’Education, qui est la perfection des âmes.

I/apostolat, laïque ou ecclésiastique, fait seul réellement l’œuvre de Dieu.

Dans la spéculation, l’instituteur est un maître de pension. Il prend habilement ses mesures : il évite les mécomptes : il fait sa fortune, s’il le peut.

Dans Vadministration, c’est un chef, un proviseur : il ordonne régulièrement toutes choses ; il commande; il est obéi; il met sa responsabilité â couvert : son honneur est engagé : il y veille; il fait sa réputation.

Dans Vapostolat, c’est un père ; c’est un pasteur ; c’est l’homme de Dieu. Il se dévoue ; il s’oublie lui-méme et il sauve les âmes.

Dans la spéculation, les enfants sont des pensionnaires qu’on loge et qu’on nourrit avec un juste profit pour soi.

Dans Vadministration, ce sont des écoliers <\u’ on instruit avec exactitude.

Dans Vapostolat, ce sont des enfants qu’on aime et qu’on . élève.

Entrons plus avant dans le détail.

C’estainsi, on le sait, qu’il y a telles maisons où la grande pensée de l’Éducation est profondément oubliée; où, loin de s’inquiéter, on ne s’occupe même pas des âmes, ni des fautes secrètes, qui peuvent les dépraver ou les flétrir. On ne réprime, on ne prévient que les grands désordres, qui sont nécessairement publics, et qui, par l’éclat du scandale, ou par l’excès du mal eu lui-méme, sont de nature à jeter dans un établissement une perturbation profonde, et à en amener bientôt le déshonneur et la ruine.

Ces sortes de désordres une fois prévenus ou réprimés, '

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