LIV. l-^ IHKl
U*1 maille île peiisiuii se repose lian<iuille, et ne s’iiiquièlo plus.
Quant aux mauvaises couversalioiis cachées, quant au mépris secret ou à la haine île l'aulorité et île ceux qui l’exercent, quant au mamiue de loi et de piété, quant à rextinclion du sens moral et religieux, pourvu qu’il n’y ait pas d'attaques ouvertes contre la religion, jias d’impiété scandaleuse et d’immoralité publique, on ne juge pas qu’il y ail a s’eu occuper.
Dans la spéculation, non-seulement on ne se préoccupe point de savoir si chaque enl'anl est bon ou mauvais religieusement; mais le plus souvent. — à moins que l’entant ne soit une enseigne pour recommander la maison, — on ne regarde guère s’il travaille ou ne travaille pas; si ses progrès sont ou ne sont pas en rapport avec son intelligence , si ses facultés acquièrent quelque développement, etc., etc.
En un mot, dans de telles maisons, on ne s’intéresse point à l’Education intérieure des enfants : chacun devient intéaieurement et personnellement ce qu’il peut et ce qu’il veut, pourvu qu’il ne trouble pas l’ordre commun et ne ruine pas la maison.
Telle est généralement l’Éducation de la jeunesse, dans les maisons où préside la spéculation.
11 y a d’autres établissements où l’on voudrait arriver à des résultats meilleurs, et l’on y arrive réellement, sous quelques rapports, mais uniquement par des moyens administratifs, par la discipline et les soins extérieuis.
On distribue, on administre l’instruction avec exactitude, et quelquefois avec un zèle littéraire honorable; mais ce n'est qu’a un certain nombre d’élèves, à ceux qui ont
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(les facull('s brillantes, qui veulent travailler et jietivenl faire honneur.
Quant aux autres, on y regarde peu : pourvu (ju’ils s’assujettissent extérieurement à l’ordre général, on ne croit pas devoir leur demander davantage; ou bien on les |umit, et h force de pensums on achève d’écraser leur esprit; ou, si on ne les punit pas, c’est qu’on en désespère tout-à-fait, et cependant on les garde quelquefois de longues années, sans même informer sérieusement leurs parents de ce qui se passe.
Ce sont des enfants aux(|uels on fait faire leurs classes ; mais on ne leur fait pas faire leurs études, et encoi'e moins leur Éducation intellectuelle.
Quant h l’Éducation morale, aux bonnes mœurs, si l’adniinislrateur est un homme intègre, actif, vigilant, nonseulement il prévient et réprime les désordres, (jui attaquent l’ordre extérieur, mais il se |)réoccupe même des habitudes secrètes, des fautes particulières que |)cuvcnt coinmettiT: les enfants, non pas précisément parce que ces fautes blessent leur conscience; — il ne croit guère qu’il entre dans les devoirs de l’ordre administratif auquel il préside de s’occuper de la conscience des élèves; — mais parce que ces fautes peuvent nuire en eux à tout développement intellectuel et même physique.
Pour ce qui est des fautes (|ui blessent le rcîspect et Taulorité des maîtres, l’administrateur ne s’inquiète sérieusement que de celles qui vont au scandale : que l’esprit des élèves soit déplorable ’a cet égard; que les plus âgés soient sans affection, sans considération pour leurs maîtres d’étude, par exemple, pourvu que ces jeunes gens se taisent ou parlent bas et obéissent, cela sulfit à l’administrateur. Que tel élève aille même jusqu'à délester intérieurement et
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