‹ De l'educationChapitre 29 sur 188 · I.IV. Ivr, diki · texte numérisé non relu

I.IV. Ivr, diki

h mépriser un de ses maîtres, tous peut^tre, et la maison où il est élevé, s’il n’y a point d’éclat, on dissimule volontiers l’injure : et au fait, la maison marche, puisque chacun se tient à son poste et garde son rang.

A l’égard de la piété, on comprend, h bien plus forte raison, que l’administrateur s’en occupe peu : la confession, la communion, la parole sainte, le chant des louanges de Dieu, le catéchisme, les saints offices, tout cela sans doute est administré comme le reste. Un se confesse, on communie, on va à la chapelle, à la messe, au catéchisme, comme on va ailleurs. C’est un exercice à peu près comme un autre.

Mais quant au zèle pour le salut des âmes, l’administrateur ne le croit pas nécessaire , ni possible même , dans l’ordre de ses fonctions. En toutes choses, pour la piété comme pour le reste , il demande l’exactitude ; audelà, il ne voit, il ne veut, ou du moins il ne peut rien de plus.

Il est craint, il est obéi ; il n’aime guère, il n’est guère aimé : mais tout est à sa place, — tout est extérieurement dans l’ordre, maîtres, élèves et serviteurs: que peut-on exiger de lui au-delà? — que peul-ou lui dire? — Rien, sinon le mot de Fénelon : « FbtYâ une exacte, et peut-être une belle police ; mais où est l'Education ?

L’administrateur et le spéculateur ont nécessairement entre eux quelques traits de ressemblance: au fond, chez tous les deux on trouve le même vice de gouvernement, c’est-à-dire, le principe négatif de l’Éducation intérieure; — mais les motifs sont différents. — L’un pense à sa fortune : l’autre à sa réputation, à ses devoirs officiels, à un honorable et rapide avancement.

Et, dans ces pensées, tous deux voilent ou étouffent

cil VI I. AI'ÜSTOLAT ÜIVI.N DANS I. EDUCATION.

le plus possible les choses lâcheuses, les mauvaises alTaires, et se persuadent facilement avoir tout sauvé, lorsqu’ils ont tout couvert, üans le fait, on le conçoit, il leur faut nécessairement de bonnes apparences. Et par là, je ne veux pas dire que les bonnes apparences sont méprisables, ni qu’on est obligé de dire ses tristesses à tout le monde : non; mais j’ai de graves raisons pour me délier singulièrement des instituteurs qui trouvent et disent tonjours que tout va bien.

Et qu’on ne croie pas qu’en indiquant ces tristes vérités, je veuille réveiller ici des controverses éteintes: non; je connais dans l’Université des laïques et des maîtres de pension qui savent allier aux plus hautes qualités de l’habile administrateur, le dévouement, l’abnégation, et un zèle admirable pour le bien des jeunes âmes confiées à leui' garde : — et tout ce que je viens de dire, je l’ai proclamé d’abord dans un petit séminaire, où il m’avait paru un moment que l’ordre financier et l’ordre administratif tendaient à envahir et absorber l’apostolat.

Et maintenant, qu’ est-ce donc que l’apostolat?

C’est simplement le soin paternel, le dévouement pastoral.

Dans les maisons où l’apostolat préside, l’Éducation, c’est la famille, et une famille toute chrétienne. C’est Dieu présent : c’est l’autorité de Dieu, paternelle et maternelle au plus haut degré; c’est le soin, c’est la sollicitude des âmes.

Oui, là, avant tout, on cherche les âmes pour les élever jusqu’à Dieu ;

Les intelligences, pour les éclairer;

Les cœurs, pour les purifier, les ennoblir, les former ;

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