I.IV. I.". IllKlî
Qui ne le sail? qui ne l'a tlil? I.es dérauls soiil les racines des fautes ; et les fautes sont les rejetons (jui n;poussent toujours , tant qu’on n’a |ias ai raclié la racine.
I>es |)aïens eux-mêmes avaient compris cette nécessité ; Platon écrivait :
« N’est-ce pas en luttant sans cesse contré ses |)cn- « chants intérieurs et contre ses défauts habituels, et mi « les réiirimant, (pi'il faut (lu’un jeune homme acquière la « perfection de la force, tandis (jiie sans l’expcrience cl « l’usajte de ce {^cnre de comhal, il ne sera pas même « verhieux à demi y » (Pi. A'i'osi, desl^i's, liv. I).
J’ai dit (]ue l’Kducation était une culture : cela est vrai ; mais cette com()araison peut utilement servir à éclairer rimportante question (jui nous occupe.
Vous cultivez uii arbuste vigoureux avec, le soiti convenable : (|ue faites-vous?
. Premièrement, vous coiqiez les branches inutiles, vous
retranchez les mauvais fruits
C’est la répression et le retranchement des désordres et des fautes : cela est bon, cela est utile, même à rbalucation intérieure, parce que cela eidève à la mauvaise sève sa fausse activité, et son mauvais dévelo|)pement; mais cela n’est pas tout : Fénelon , ce grand maître en fait d’Kdiication morale, va jusqu’à vous dire : « Vous croyez « avoir tout fait, vous n’avez' rien fait, si vous u’allez « au fond, si vous n’attaquez les racines, si vous ne la- « bourez prüfond('mient. » J’oserai ajouter a|)rt‘s Fénelon ; Vous n’avez rien fait, si, à un jour donné, au printemps favorable, vous ne boulevevsez la terre autour de cet arbuste; si, par uuecidture pénétrante, vous n’amélion'z la sève et la tige ; si, par une forte et vive opération, vous ne savez enter sur cette nature sauvage, désonlounée, la grelfe d'un arbn'
CH VI. L’Al'OSTUl-AT DIVIN DAN.s l.■^'D^CATIO^■. lil
mcillt‘iH\ afin que la sève du sauvageon rei;ue dans les pores de l’arbre franc, y change de nature, et s’y affine pour produire des fruits tpii soient de la nature inèiiie de la branche qui y est grelVée.
Tant que vous n’enlevez (|ue quel([ups mauvais fruits, (|uelques branches inutiles, (juelques faibles rameaux, vous avez travaillé en vain, dit Fénelon , car ils repoussent toujours ; ce sont les racines vives, entrelacées, projtmtles. iju'il fallait attaquer, améliorer, régénérer.
J’ai dit quelque part que l'Éducation doit tendre ii faire des hommes complets ; mais les liommes complets sont trèsrares en ce monde : celui-ci a telle qualité, celui-lh telle autre; chez l’un telle faculté est nulle ou engourdie; chez l’autre, elle excède et veut tout envahir. F.h bien ! c’est la bonne Éducation qui rétablit l’équilibre et fait l’harmonie : elle corrige, perfectionne, élève la nature; elle fait plus : comme les ileuristes et les jardiniers habiles, elle ajoute à la nature; elle donne des qualités qu’on n’avait pas; fait jtorterdes fruits pour lesquels on ne semblait pas né; elle fait éclore et fleurir la douceur et des vertus aimables sur un caractère rude, de fortes vertus sur un caractère faible; mais, il le faut avouer, c’est là son plus beau travail, et comme son chef-d’œuvre.
Ce n’est pas, toutefois, un travail aussi difficile qu’on le pourrait croire; il exige seulement de la suite et de la patience.
Il faut que l’instituteur soit ce que l’Apôtre disait autrefois du cultivateur, paliens agricola; ou bien encore, un nourricier, nulris; on mieux encore un père, pater. Qu’on ne s’effraie donc pas. Il y a d’ailleurs quatre actions admirables, parallèles, simultanées, constantes, qui agissent dans le même sens, et dont l’efficacité est à peu près in-
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