‹ De l'educationChapitre 36 sur 188 · V. l«■■. mtr · texte numérisé non relu

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dét'aiil de jiif'ement ; on le peul din- : c'esl un liomnu*

Su[ipose/. dan.s un autre le dëlaulde mémoire ou d’ordre, et avec cela de p;randes all’aires : c’est un liomnte ruiné.

r.e jeune ecclésiastique avait été modeste et liutnble, en apparence, jusqu’.à vingt-quatre ans; il n’avait pas connu, il n’avait pas combattu son orgueil.

Cet orgueil caché éclate tout-à-coup; et le voilà sans respect pour l’autorité, sans docilité, sans obéissance; jamais il ne demande ni ne reçoit un conseil. Il devient par là même, bon gré, mal gré, un homme médiocre : il n’entre pas dans les œuvres; il ne ies comprend pas; il les contredit; il les ruine.

Ou bien, si c’est la mollesse endormie qui se réveille, on est sans précaution contre elle; elle devient elFroyable toutà-coup et précipite quelquefois dans des cbtites atfreuses.

Ou bien, si c’est la légèreté et la dissipation qui dominent, on vit sans réglement et sans ordre; le comr se trouble, l’amour du monde l’emporte : toute vertu bientôt s’évanouit.

J’exagère peut-être les périls des défauts : non , les plus excusables sont toujours bien à craindre. Qu’on écoute Fénelon ; voici les sages avis qu’il croyait devoir donner au duc de Bourgogne , à l’occasion d’un défaut bien simple et bien ordinaire, l’humeur :

« Ce sotil les plus petits défauts (|iti diminuent et défont « les plus grands hommes, lui disait-il.

« Soyez surtout en garde contre votre humeur : c’est « un ennemi que vous porterez partout avec vous jusqu’à « la mort; il entrera dans vos conseils et vous trahira si « votis l’écoutez. I.’hiiiueur fait perdre h'S occasions les « plus importantes; elle donne des inclinations et des aver-

CM. V!. L'APOST()I,AT DIVIN DANS L’ÉDUOAÏlON. «5

« siens d’enfant, au préjudice des plus grands intérêts ; « elle fait décider les plus grandes affaires par les plus pe- « tites raisons; elle obscurcit tous les talents, rabaisse le « courage, rend un homme inégal, faible, vil et insuppor- « table. Défiez-vous de cet ennemi. »

Je conclus : Donc, quiconque travaille à l’Éducation de la jeunesse , dans une maison chrétienne , doit nécessairement s’occuper, non-seulement des fautes, mais des défauts.

Il ne faut jamais, je ne dis pas flatter, mais négliger un seul défaut, quel qu’il soit, quelque faible nu léger qu’il paraisse. Tout défaut flatté, ou simplement négligé, croit et grandit en paix, et finit nécessairement par devenir un défaut dominant. Les suites peuvent être incalculables : j’en ai de bien tristes exemples.

Et la raison de ceci, je vais la dire: il la faut bien comprendre; elle tient aux principes même les plus profonds de notre nature : Depuis la chute originelle, il n’y a pas un mauvais germe en nous, si petit, si inaperçu quil soit, qui ne tende à croître, si on ne le combat, qui /le tende à s’emparer de toût, à tout dominer, à tout corrompre ; tandis qu'au contraire, il n’y a pas une bonne chose en twus, qui ne tende à s’affaiblir, si on ne l’entretient, si on ne la fortifie. Et voilà pourquoi aussi , il ne faut jamais négliger une qualité, une vertu, une grâce, quelque petite qu’elle soit en apparence : négligée, elle périra.

Telle est, encore une fois, l’œuvre du ministre de Dieu dans l’Éducation (1).

Mais pour faire une telle œuvre, il faut avoir bien étu-

(I) fn supérieur, Iris-pénétré de ces principes, pourrait néanmoh», dans la pratique, tomber ici dans une erreur que je dois signaler :

Ce serait, en s'occupant des défauts des enfants et des principes de

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