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Notre Père qui êtes aux deux? N’est-il pas la suprême autorité, créatrice et conservatrice? Cet enfant, n’cst-cc pas le fils de sa puissance, l’œuvre de ses mains, et l’image de sa gloire ? Est-ce à d’autres qu’à lui, que cet . enfant demande son pain de chaque jour, c’est-à-dire son éducation et sa vie ?
L’Éducation n’cst-elle pas la continuation de l’œuvre divine dans ce qu’elle a de plus noble, qui est la création de l’àme ? £t on voudrait que Dieu y demeurât étranger!
Non : les lumières de la plus haute philosophie, d’accord ici comme toujours avec les enseignements évangéliques, nous révèlent que Dieu est le grand Instituteur, et, si on me permet cette expression, le grand et perpétuel Éducateur du genre humain.
Oui ; Dieu élève perpétuellement l’humanité ; et en me servant d’un ancien mot emprunté à la gravité romaine, je ne crains pas de dire que l’univers est une grande Institution, dont Dieu est le maître suprême, le maître immuable et éternel ; et le genre humain le disciple, perpétuellement renouvelé de génération en génération (I).
Sans doute, il y a toujours là un père, une mère, et des instituteurs visibles, qui paraissent employés à faire l’œuvre de l’Éducation, à élever l’homme-enfant.
Mais le père, la mère, l’instituteur, l’enfant, doivent tout dans cette œuvre à Dieu seul.
C'est chez lui et dans sa maison, c’est pour lui, c’est par lui-même que l’œuvre se (ait.
(1) Et eruni omnes docibiles Dei. (Joaii. C-4ÎS.) El erunl oculi vtdtnlcs prœceplorem luum. (Isaïe, 30 20.) El Veut et paler noslet-, (II Thoss. I, I.) 4 Domino Deotuo iiislilu/us es. (Deut. 18-U.)
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Loin de lui, le plus savant pédagogue est un aveugle, incertain, tâtonnant : Tenebrœ el palpalio in œternum (1), dit l’Écriture;
Loin de lui, le méchant instituteur est sans frein, et le faible enfant, sans défense, est livré comme une proie;
Loin de lui, le bon instituteur lui-même est sans force r ou plutôt, sans Dieu, il n’y a pas de bon instituteur; il n’y a que des incapables, ou des méchants, ou des mercenaires.
On aura beau faire : toute Éducation faite loin de Dieu sera à jamais une œuvre impuissante et sans fruit, comme sont toutes les œuvres auxquelles la lumière manque : In~ frucluosum opus tenebranm (2), dit saint Paul.
Une Éducation sans Dieu.... Un enfant, le plus aimable, élevé loin de Dieu!... J’ai vu quelquefois cela de près, et pour exprimer ma tristesse et mon effroi, je ne trouvais que les deux paroles de l’Écriture : Vastitas et sterilitas (5). Cette aimable créature est comme un matin sans soleil : tout y reste morne, obscur, glacé, stérile !
Qu’on le sache donc : si je fais ainsi apparaitreDieu tout d’abord dans le personnel de l’Éducation, si je le déclare le premier maître de cette grande œuvre, c’est afin qye le père, la mère et l’instituteur ne travaillent pas en vain ; c’est afin que dans leur grande tâche, ils soient soutenus à la hauteur des pensées, des sentiments, et des secours, par lesquels seuls leur œuvre peut donner des fruits heureux et glorieux.
Je le sens, et c’est ce qui fait ici mon émotion, je touche en ce moment aux plus grandes, aux plus saintes choses qui soient encore sur la terre : â celles qui, grâces en
(I) Isaïe, Ô2-14. (3) E)>lics V, II. iô) Jertm. 48-3,
UV. 1". DIEU.
soient rendues k rimiuortelle Providence, demeurent et survivent k tout !
Oui, au milieu même des plus tristes révolutions, il y a encore Dieu, le père, la mère, l’enfant, la famille, le toit domestique ! — Et c’est pourquoi j’espère toujours !
Ail ! sans doute, il peut y avoir des temps malheureux, et des générations qui ne semblent pas bénies du Ciel : mais il ne faut jamais désespérer : après les plus terribles renversements, l’humanité peut toujours se renouveler k sa source la plus haute et la plus pure, et c’est par Ik même que Dieu a fait guérissables les nations de la terre : Sanabiles fecil nationes orbis lerraritm (i).
Pour cela, il faut quelque chose de bien simple : il faut que dans la société humaine, le père et la mère se montrent dignes de l’enfant auquel ils ont donné la vie !.. . Rien de plus, mais rien de moins. La régénération du genre humain est k ce prix.
ü faut qu’ils comprennent la haute et sainte autorité dont ils «ont revêtus , et qu’ils l’exercent : il faut qu’ils associent k leur autorité et k leur action un instituteur digne d’eux : c’est-k-dire , il faut que tous, dans cette œuvre, se souviennent de Dieu et de son autorité suprême; qu’ils se recueillent ensemble au sanctuaire de la famille, avant de commencer le travail, et que Ik, rendant hommage k ce Dieu grand et bon, ils le respectent, l’adorent, le prient, et puis commencent avec confiance.
C’est ainsi, mais c’est uniquement ainsi, que je conçois . dans l’œuvre de l’Éducation la dignité d'un Instituteur, l’autorité d’un père et d’une mère.
Mais un Instituteur sans foi, sans Christ et sans Dieu !..
(«) Sap. 1-M.