LIV. I«. IHICU
ce n’est donc pas seulement k titre de devoir impérieux qu’il faut la Piété. Il la faut aussi comme un secours dont rien ni personne ne peut se passer, et que tous les talents réunis ne remplaceront jamais.
Je le dis sans hésiter : L’œuvre est si dillicile, si compliquée, si laborieuse, que la foi sans les œuvres, la religion froide, la tiédeur languissante n’y suffisent pas : il y faut la foi vive et éclairée , la religion fervente , l’amour de Dieu , la prière vraie au fond des cœurs ; enün, il y faut la Piété.
Tel homme d’un âge mûr peut demeurer vertueux avec une religion sincère et solide, quoique sans ferveur : les. enfants, les jeunes gens, ne le peuvent pas. Sans la Piété fervente, ils n’ont ni assez d’appui, ni assez d’élan pour leur vertu : k leur âge. la foi n’est pas encore assez profonde, ni la fidélité assez généreuse : ce sont des cœurs tendres et faibles ; ils fléchissent bientôt, si la Piété vive ne les soutient. Quiconque connaît comme moi la fragilité de ces jeunes plantes, partagera mes pensées. Oui, le souffle de la grâce les élève facilement vers le ciel; mais le souffle du vice les courbe aussi bientôt vers la terre.
Qui leur donnera la force de résister aux attaques du respect humain, k l’influence des mauvais exemples et des conseils perfides, k tous les pièges de ce monde corrompu et corrupteur, dont Tacite disait autrefois ; Cor~ rumpere et corrutnpi, sœculum vocalur? Qui soutiendra leur faiblesse sur tant de pentes et d’inclinations dangereuses, et contre le mal qui les assiégera de toutes parts? — Je le répète ; si la crainte et l’amour de Dieu, si la Piété courageuse leur manque, ils tomberont infailliblement. Les liens qui les attachaient k la vertu se briseront; et le sourire de l’indilTérence et du dédain , de l’impiété
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