CH. VU LA PIÉT
même et du vice, sera bientôt.vu sur des lèvres fraicliemeut teintes du sang de leur Dieu , reçu dans une première communion !
Mais je n’ai pas tout dit : il n’y a pas seulement pour eux la grande lutte contre le vice et contre les entraînements du mal. Les qualités et les vertus ne se forment que par le combat : il y a donc encore cette lutte laborieuse, constante, de tous les jours, contre les défauts : il y a ce combat intérieur, ce profond et rude travail d’une volonté résolue, pour modérer, dompter, transformer toutes les passions vives, toutes les irrégularités d’une 'nature faible ou violente, apathique ou légère, molle ou emportée, et presque toujours hautaine et résistante. Mais, qu’on y prenne garde ! ce travail opiniâtre contre sa propre nature, l’enfant doit déhnitivement le soutenir lui-méme : on peut l’aider, l’encourager; mais, en fin de compte, c’est à lui â déraciner le mal, ù cultiver le bien, a corriger ses défauts, â développer ses qualités.
Eh bien! j’afSrme que sans l’amour de Dieu, sans la crainte de Dieu , sans la Piété fervente, tout cela est audessus de ses forces.
Aussi, quand on me dit, en me parlant d’un enfant et de son Éducation : C’est un enfant assez facile, mais sans Piété ; je m’attriste, et je réponds : C’est bien regrettable , car alors il n’y a presque rien à espérer. Ces enfants faciles, mais sans Piété, sont, en effet, ordinairement, les plus difficiles de tous. Si vous les trouvez faciles maintenant, c’est (ju’en eux rien encore de plus fort que vous ne vous dispute leurs âmes faibles et timides; mais un jour viendra, et il n’est pas loin, où les grandes passions de la jeunesse et les puissantes séductions du monde les trouveront aussi faciles pour le mal, que vous aviez cru les trouver
UV. l'r. DIEi:.
faciles pour le bien. Le profond auteur de Ylmüation l’a dit, et une triste expérience ne le confirme que trop.
.\u contraire , quels que soient les défauts , je dirai même les vices naturels d’un enfant, s’il a quelque piété, si on peut ouvrir son cœur à l’amour et à la crainte de Dieu , tout devient facile avec du temps et de la patience ; et alors j’espère tout, non-seulement pour le présent, mais pour l’avenir.
Mais, me dira-t-on peut-être, en admettant tout cela, il reste une grave question ; les enfants sont-ils réellement faits pour cette Piété? Convient-elle à ce jeune âge? N’estce pas ajouter â tous les travaux de leur Education une ' surdiarge pénible?
Je ne l’ai jamais pensé, et l’expérience m’a convaincu, au contraire, qu’il n’y a pas d’âge dans la vie auquel la Piété convienne mieux : non-seulement parce qu’elle brille sur ces jeunes fronts d’un plus pur éclat; non-seulement à cause du charme inexprimable dont elle embellit toutes les qualités naturelles de l’enfance ; mais surtout par cette simple et profonde raison, que la Piété n’est autre chose que l’amour de Dieu, et que je ne sais pas de cœur icibas auquel il soit plus facile d’inspirer cet amour, que le cœur des énfanis. Tout y est encore pur, vif, simple, ingénu, généreux, ardent : tout y est fait pour ce noble et saint amour ; et cette bienheureuse flamme de vie s’y allume avec une facilité merveilleuse. Ils en goûtent la douceur; ils en suivent les inspirations, avec la plus aimable spontanéité, sans aucun retour intéressé sur euxmêmes. Non pas que cette Piété, même chez eux, soit toujouis tendre et sensible ; mais elle est toujours vraie, franche, intime, cordiale, fidèle et courageuse au devoir; et cela sans aucune apparence forcée, sans vaine et sèche