C.H. I". LA FAMILLIC
paroles : c’est la langue divine. On ne trouve cela écrit de celte sorte sur la terre que dans nos saints livres.
El, chose étrange ! les hommes n’ont pas manqué de le méconnaître, toutes les fois qu’ils l’ont pu ! On sait, dans le prodigieux aveuglement de l’impiété païenne, comment celle sublime et douce créature devint une esclave si abaissée, une chose si vile, qu’après quarante siècles d’effroyable dégradation, il fallut une révélation, un Évangile, un Jésus-Cbrist, un Fils de Dieu, une Mère de Dieu, sur la terre, pour la relever, et apprendre de nouveau au genre humain dans quelle dignité avait été créée, h l’origine, l’épouse, la scefur, la fille et la mère de l’homme!
Que dire enfin de ce mystérieux sommeil, de celte extase, pendant laquelle l’homme sentit que Dieu tirait de lui sa compagne?
Dieu pouvait-il quelque chose de plus pour leur faire comprendre à tous deux ce qu’il devait y avoir entre eux d’égalité subordonnée? Pouvait-il mieux leur dire ce qui devait h jamais demeurer d’intime, de profond, de sacré, de tendre et d’indissoluble dans les alliances humaines?
Aussi, lorsque Dieu présenta à l’homme cette compagne, l’homme, ravi d’admiration et de joie, s’écria :
C’est ici Vos de mes os, et la chair de ma chair. Elle se nommera Virago, parce qu’elle a été formée de l’homme, et l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa compagne (1).
Je le demande aux esprits graves qui me feront l’honneur de me lire : ces courtes et merveilleuses paroles ne
(!) Hoc nunc os ex ossibus mets, et caro de came mea : hac vornbitur Virago, quoniam de riro sumpla est. Qunmobrem relinquet homn pairem suum et malrem, el adhœrebil uxori sua. (Gen., oh. ii.)
lit; I.IV, II. I.K PKIIE, I.A Mf.RE, KT l.\ FAMII.I.i;. consacreiil-i'lles pas tout a la fois l’unité, la sainteté, l’indissolubilité, la fidélité, la tendresse, le respect religieux, et la subordination naturelle et nécessaire de l’union conjugale? Chose admirable ! Pour attacher plus étroitement à ce bel ordre celui qui le pouvait plus facilement violer. Dieu voulut que cette immortelle loi du mariage et de son indissoluble unité, fût pour la première fois prononcée par la bouche de l'homme lui-même, et jaillit pour ainsi dire de son cœur, sans nul effort, comme le cri spontané de sa nature, et le droit sentiment de son premier amour.
El que dire enlin? — car je veux tout dire, la langue de l’Évangile dit tout avec une simplicité et une profondeur incomparable; et là où les pensées des hommes ne savent être que frivoles ou indignes, la parole chrétienne demeure toujours chaste et pure. — Que dire donc de celte grave et singulière parole de l’Écriture, par laquelle l’Esprit de Dieu raconte cette création nouvelle : Ædificavit ? Ainsi, de cet ossement superflu. Dieu, avec sa main divine, forma, éleva, édifia la compagne de l’homme, ædificavit! Voilà par quelle étonnante expression le Créateur voulut nous faire remarquer, en ce nouveau chef-d’œuvre de sa puissance, quelque chose de grand, de magnifique et d’achevé, et comme un admirable édifice, où il se plut à prodiguer une noblesse, une dignité, une grâce, une pureté, une décence, et toute la douceur, tout le charme des proportions merveilleuses qu’un ouvrier divin pouvait donner à son plus bel ouvrage.
Ainsi fut instituée l’humanité, et par là même toute la vie humaine et la famille. Car Dieu les bénit alors : Bmedixil illis; où il faut remarquer que ce fut dans la parfaite innocence du paradis terrestre que la première be-
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* nédiction nuptiale fut solennellemept donnée par Dieu lui-même aux premiers auteurs du genre humain.
Et voilà pourquoi, aujourd’hui encore, la bénédiction des alliances humaines, chez tous les peuples civilisés, est une des plus augustes fonctions du ministère sacerdotal. Voilà pourquoi nous gémissons amèrement, quand nous voyons, en plein soleil de l’Évangile, des hommes aveugles, des femmes égarées s’avilir dans des alliances honteuses; quand nous voyons surtout des législateurs sans dignité et sans lumière, cédant à des préjugés étroits et à de basses rancunes, s’obstiner à reléguer, à dégrader l’union conjugale, loin de la bénédiction de Dieu, et en dehors de la civilisation religieuse de tous les peuples.
Dieu les bénit donc, et il leur fit ce commandement remarquable ; Croissez, multipliez : Crescile, mulli'plicamini, replele lerram (1) Jamais vos enfants, qui seront les miens, ne se multiplieront trop sur la terre.
Couvrez-la donc de vos familles ; que vos alliances soient toujours pures, fécondes, sans tache. Élevez vos enfants dans mon amour et ne craignez pas : ma Providence est grande : je pourvoirai à tout, et la vie ne manquera jamais à ceux qui l’auront reçue de moi.
Puis Dieu regarda ce qu’il avait fait : Viditque Deux cuncta quœ fecerat : et il vit que tout cela était bon, et très-bon : Et ét ant valde bona (2).
C’est ainsi que des mains de Dieu sortit la famille humaine!... pour demeurer, dans tous les siècles, l’élément primitif et à jamais béni, le fondement nécessaire de la grande société du genre humain.
^t) (ifn., I, 28. ;2) tir»., i, XI.
liK LIV. II. I.K l‘fiUK. LA MRllK. KT LA KAMILLK.
La famille! celle, Irinité nijslérieuse, où apparaît un si * ma^mii(|ue et si toiiciiant rctlct de la puissance du Dieu qui protège, de sa sagesse qui gouverne, de son amour <pii inspire et soutient!
La famille ! sanctuaire auguste de l’Autorité qui crée, de l’Éducation qui élève, de la ProvidencA' qui perpétue !
La famille! foyer vivant et inextinguible des deux plus nobles sentiments qui soient dans le cœur des enfants des hommes : la reconnaissance et le respect !
La famille ! objet immortel, premier et dernier but des sollicitudes du ciel et des lois divines, comme elle doit l’être aussi des sollicitudes de la terre et des législations sociales. La famille! c’est-à-dire enfin, les noms les plus doux à l’oreille de l'Iiommc : un père, une mère, un fils, un frère, une fille, une sœur : les affections les plus pures; les premières amitiés de la vie; les joies les plus confiantes et les plus naïves; les vertus les plus aimables ; la simplicité, la candeur, l’innocence !
El que dire du toit, du champ paternel? Non, il n’y a pas dans la langue humaine de noms plus ravissants, ni dans le cœur de l'homme de plus religieux, de plus impérissables souvenirs ! . . Aussi, quand Notre-Seigneur Jésus- Christ voulut nous faire comprendre la tendresse de son cœur pour ceux qui accomplissent ici-bas la volonté de son Père céleste, il ne sut que nous dire : Celui-là sera pour moi comme un frère, comme une mère, comme une sœur.
Ipse meus frater, et soror el mater est. (Math., xii.)
Telle est donc, pour remonter à sa source, la sainteté primitive du mariage ; telle est la nature, la noblesse de l’union qui commence et constitue la famille : union vraiment sacrée, en laquelle le Créateur allie si intimement l’un à
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l’autre l’homme et sa compagne, et les associe à sa puissance créatrice elle-même par des liens si doux et si forts, [wur élever les enfants qu’il leur donnera.
Mais je n’ai pas tout dit sur ce grand sujet.
ClIAPITRK II.