‹ De l'educationChapitre 60 sur 188 · LIV. 11. LK PÈllK, LA .MÈKK, ET L.\ KAMILLE · texte numérisé non relu

LIV. 11. LK PÈllK, LA .MÈKK, ET L.\ KAMILLE

un solennel hommage k la loi évangélique, ont reconnu que cette question avait un horizon social immense, et que tout y était engagé.

Bossuet, dont le regard a pénétré si avant en toutes choses, après avoir dit : L’amour conjugal n'est plus partagé : une si sainte société n'a plus de fin que celle de la vie ; et les enfants ne voient plus chasser leur mère pour mettre à sa place une marâtre; Bossuet ajoute : Im fidélité, la sainteté et le bonheur des mariages sont un intérêt public et une source de félicité pour les Etats. Cette loi est politique autant que morale et religieuse (1).

Bossuet avait bien vu ici toute la portée du dessein de Dieu, et que c’était dans une profonde sollicitude pour toute l’humanité que Jésus-Christ faisait une si grande chose!

En effet, de quoi s’agissait-il? D’ahord de fonder le bonheur de la famille, de relever la femme des abaissements où elle était tombée, de lui rendre sa place et sa dignité primitive sous le toit conjugal, de faire de cette faible créature la noble compagne de l’homme; d’ennoblir l’homme lui-même en lui donnant une épouse, une sœur, une mère, une lille dignes de lui. Mais Jésus-Christ faisait plus encore : il posait le fondement des mœurs sociales : il enchaînait par cette sainte sévérité la dépravation et l’inconstance humaine ; il captivait au sein de la société en péril les passions tumultueuses- il voulait protéger, bénir et sanctiûer l’humanité tout entière, en établissant, sur la concorde inviolable et sur la sainteté des mariages, la paix et la société de tout le genre humain : et il assurait enfin par là ce nécessaire et grand achèvement ^e-

(0 Pnliltqtlf srtrri'r.

r.H. 11. LE M.^RUGE CHRÉTIEN, l’œuvre paternelle et inatenielle, qui s’appelle l’Éducation, et qui, sans l’unité et la stabilité de la société conjugale, est impossible.

Et voilà pourquoi l’Église a toujours déployé une si extraordinaire énergie pour la défense des lois matrimoniales, voilà pourquoi elle a tout fait, tout souffert pour conserver intact ce dépôt sacré de la morale évangélique.

Toutes les grandes luttes du sacerdoce et de l’empire n’ont pas eu d’objet plus sérieux, et vous y trouverez sans cesse engagé ce grand intérêt. On le peut dire : les plus douloureuses pei'sécutions que l’Église ait subies depuis dix siècles, lui ont été suscitées par le soin jaloux qu’elle a toujours mis à défendre la pureté des mariages et l’indissolubilité de la famille bumaine. Â toutes les époques, au moyen-âge, comme en des temps plus rapprochés de nous, les princes qu’elle aimait le plus, d’autres qu’elle voyait couronnés de gloire, tous ont trouvé en elle, pour tout ce qui touchait à cette loi, d’invincibles résistances. Qui ne sait les luttes contre Louis Vil, contre Philippe-Auguste, contre Lothaire, contre l’empereur Henri IV, et contre tant d’autres? Les plus grands Papes y ont mis leur sang. L’Église a fait plus : elle y a sacrifié en quelque sorte la gloire de l’unité chrétienne elle-même : elle a laissé déchirer son sein et couper ses membres, plutôt que de céder sur ce point, et de reculer jamais, ni devant les j»assions souveraines, ni devant les hardiesses du libertinage tout-puissant.

Henri VIH, Catherine d’Aragon et l’Angleterre peuvent ici lui rendre cet hommage, comme rAllemagne et Philippe de Hesse en rendent un tout autre aux lâches fondescendances de Luther et du protesftiitisnie

Page 1