‹ De l'educationChapitre 66 sur 188 · I.e père bénit ! et il peut maudire aussi ! comme Dieu · texte numérisé non relu

I.e père bénit ! et il peut maudire aussi ! comme Dieu

On redoute la malédiction de Dieu ; on demande h Dieu sa bénédiction. On redoute aussi la malédiction d’un père; c’est comme la malédiction de Dieu même. On sollicite, on reçoit avec religion, h genoux, la bénédiction d’un père: on s’incline sous la main paternelle, comme sons la main de Dieu.

Nulle puissance, nulle grandeur humaine n’eut jamais ce droit sur la terre. Qu’on veuille bien le remarquer.

Le père seul bénit et maudit.

La magistrature est une grande institution sans aucun doute. Les magistrats ne bénissent pas. Ils vengent la justice, ils condamnent à mort ; ils n’ont pas le droit de maudire.

Le prince est plus grand encore, il est, selon le langage des saintes Écritures, le ministre de Dieu, pour le bien : Minisler Dei in bonum; le prince ne bénit pas. La majesté royale n’a pas été élevée à celte dignité.

La bénédiction, c’est le propre de la majesté paternelle et de la majesté divine.

J’ai beau remonter les siècles et consulter l'histoire ; je ne trouve que Dieu, les ministres de Dieu en son nom, et les pères de famille qui bénissent; et encore cela ne se voit-il que dans la vraie religion, tant c’est une chose divine !

Qu’est-ce donc que bénir?

Quand j’étudie la bénédiction en Dieu d’abord, et que je recherche religieusement, dans nos livres divins, ce que fait Dieu lorsqu’il bénit, je trouve toujours que c’est une œuvre de puissance et d’amour. Je dis, une œuvre :

UV. II. LK I.A .MfinE, ET LA EAMILLE.

rar la bcnodiclion de Dieu ne souhaite pas seulement le bien (ju’elle dit ; elle le fait.

Comme le remarque admirablement Fénelon, les paroles des hommes sincères disent ce qu’elles font; niais la parole de Dieu fait ce qu'elle dit; et quand elle bénit, c’est toujours une parole de vie et de fécondité.

Témoin, la première bénédiction donnée à nos premiers parents : Utuedixit eis, dicem: Crescite: c’est de là que naquit le genre humain.

Témoin, la bénédiction prononcée sur Noé et sur ses enfants, pour le renouvellement de riiunienité sauvée ; Benedixit Noé et filins ejus : Crescite.

Témoins, toutes les bénédictions répandues sur .Abraham, sur Isaac, sur Jacob, et d’âge en âge sur tous les justes de l’ancien Testament : elles furent toujours un accroissement de prospérité et de grâce.

Dans la loi nouvelle, Jésus-Christ bénit le pain et le vin, et cette bénédiction puissante fait rCucharistie.

C’est encore en bénissant scs apôtres, au jour de son Ascension, qu’il les quitte, crée l’.\postolat et nivoie ces douze hommes prêcher avec puissance l’Cvangile de la vie à toute créature : lienedicens eis, eleratus est.

Enfin l’Église de Jésus-Christ ne se montre la Mère de tous les enfants de Dieu, et ne leur donne la vie, qu’en les bénissant au nom de son immortel Époux.

Telle est la bénédiction divine.

En quelque lieu des divines Écritures que je la considère, je la trouve toujours fécondante, toujours œuvre de puissance et source de vie naturelle ou surnaturelle.

Et voilà la profonde raisou pour laquelle il n’y a que Dieu, auteur de la vie, qui bénisse par lui-même ou par ses ministres; et après Dieu, les pères dans leurs familles.

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