‹ De l'educationChapitre 68 sur 188 · LIV. 11. LE PÈRE, LA MÈRE. ET LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LIV. 11. LE PÈRE, LA MÈRE. ET LA FAMILLE

Indépendamment de ces graves et belles paroles de l’Évangile, il parait bien que c’est une joie incomparable, la joie la plus douce et la plus noble, une joie pleine de majesté et de mystère.

II est bien remarquable qu’Ève, si récemment maudite, Éve si coupable et si malbeureuse, s’écria avec joie en enfantant son premier né : J'ai mis un homme au monde ! Dieu m'a donné un fils! Possedt hominemper Deum. Elle sentit que c’était un retour de la bénédiction de Dieu.

Et saint Paul, long-temps après, n’ignorait pas le secret de cette joie de notre première mère, lorsqu’il écrivait à la lumière de l’Esprit saint : [m femme se sauvera en mettant des enfants au monde : Multer salvabitur per filiorum generationem.

Aussi, parmi les tendresses de la terre, il n’en est point qui ait quelque chose de vénérable et de céleste conome l’amour “inaternel . Je le dis sans hésitation: c’est icibas le plus pur amour! Mères chrétiennes, ne craignez point que vos enfants usurpent dans vos cœurs la place que Dieu s’est réservée. Aimer vos enfants, c’est aimer Dieu , qui vous les donna ; aimer vos enfants , c’est aimer Dieu, qui vous les conserve; aimer vos enfants, c’est aimer ces âmes immortelles que Jésus-Christ a rachetées de son sang.

Quand vous êtes séparées de ces enfants si chers, vous aimez Dieu qui vous les garde en son sein paternel, â travers les nuages d'une séparation douloureuse , au milieu des combats, ou parmi les orages des mers. Et quand ils vous sont rendus, c’est â Dieu encore que s’adressent votre reconnaissance et vos transports , votre saisissement de cœur et votre joie.

Que dis-je? cet amour est si admirable; il a quelque

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