‹ De l'educationChapitre 73 sur 188 · ir · texte numérisé non relu

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t'M LIV. II. LK l’hlHl::, LA MÊHE. El LA FAMILLE.

Tels sont les purs sentiments que la foi inspire à qd pèi'e, il une mère. Tel est le coneert et Tharmonie parfaite qui doit exister entre les deux autorités suprêmes, qui président à l’Kducation des enfants, dans la famille humaine, entre l’autorité de Dieu et l’autorité des parents. C’est alors seulement que cette seconde autorité s’élève à une force, à une noblesse divine. Rien n’y est ici-bas comparable, et de ce concert avec Dieu, de cet accord avec le ciel, résultent dans la famille, des harmonies ineffables, dont nul ne sait le charme ; nul, si ce n’est un père digne d’être le représentant de la puissance de Dieu, si ce n’est une mère digne d’être l’image de sa bonté; nul, si ce n’esl encore un bon fils, une Clle vertueuse, qui, croissant sous les regards et parmi les bénédictions paternelles et maternelles, deviennent l’amour du ciel et de la terre.

.Vussi, que les pères et les mères me permettent de le leur dire : comme ici tout doit leur inspirer courage ! c’est Dieu lui-même qui les appelle à cette œuvre, et avec eux il V travaille. Le concours qu’il leur donne est un concours tout-puissant : c’est une action intime, incessante, pleine d'amouretde suavité: car il s’agit d’achever l’ouvrage deses mains; il aime lui-même ce travail, et s’y complaît avec eux.

Mais aussi, de la part d’un père et d’une mère, combien il faut que le concours soit dévoué, docile, éclairé, respectueux, confiant!

Dévoué ; c’est au service du Père céleste qu’on travaille; la négligence n’y serait-elle pas trop coupable?

Éclairé : l’Éducation est une œuvre de lumière; il ne. faut donc pas s’y employer li l’aveugle, et sans savoir ce qu’on fait.

ul aspicias ad cœlum et terrain,. .. tuscipe mortem, ut in ilUl misero' liitneniin fralribus tuis le reeipiatii. (Il Macbab., >ll, 20. 27, 28, 29 ’

CH. V. LA PREMIÈRE ÈÜLCATIÜ'i.

Docile : c’est l’œuvre essentielle du Créateur; il faut manifestement la faire comme il veut qu’elle soit faite.

Respectueux enfiu, parce que c’est une œuvre religieuse, et qu’on doit bien prendre garde d’y porter jamais une main malhabile, imprudente et téméraire.

Mais par-dessus tout, concours plein de confiance : associé à l’œuvre du Ciel, n’est-il pas simple d’espérer son secours?

Et maintenant, j’achève cet important chapitre sur la première Éducation des enfants, en insistant sur la nécessité de ne pas finir cette première Education de trop bonne heure ; sur la nécessité de ne pas la confier à des soins mercenaires, je dirai même à des soins religieux et désintéressés, mais étrangers.

Que les parents me laissent encore leur dire ici toutes mes pensées avec franchise : pour cette première culture, nul ne saurait convenablement les remplacer. Certes, je suis partisan de l’Éducation publique; mais je crois qu’il y a de grands périls à la commencer trop tôt; et je n’afiprouverai jamais qu’on y livre des enfants, auprès desquels nul dévouement ne pourra jamais suppléer à la sollicitude paternelle et maternelle.

C’est h un père, c’est à une mère qu’il appartient d’éveiller dans l’âme de leur enfant les premières lueurs de l’intelligence et les premiers goûts de la sagesse. En même temps qu’ils nourrissent et élèvent son corps, ils .ont reçu de Dieu d’admirables ressources pour nourrir son cœur et élever peu h peu ses sentiments et ses pensées.

Oui, c’est aux lèvres d’une mère, qui couvrent ces

lf)C I.IV. II. LE FEUE, I.A MEFFE, ET LA FAMILLE, fronts purs <lc U'iiclivs caiessos, qu’il apparlicut d’cnseiguer les premières leçons de la piélé ;

C'est aux mains d'un père, qui aident ce jeune âge à former ses preniiei-s pas, c'est à elles qu’il appartient de diriger aussi ses premières tendances vers la vertu, de soutenir ses premiers cllorts dans la vie morale. Le premier épanouissement de ces jeunes âmes doit esscutiellemeni se faire sous le regard des parents et au souille vivifiant (le leur amour, l’our ces soins délicats, un père et une mère trouvent, dans leur cour et dans les inspirations do leur foi, des moyens et des secrets d’Lducation plus cllicaces que toutes les théories pédagogiques, et qui sont le secours même de la Providence : secours dont iufJ autre ([u’eux sur la terre n’a le don au même degré, cl auquel nul aussi n’a le même droit. El cela est vrai, non seulement pour ces prcinièi-cs et faciles années de l’enfance, mais aussi aiLX époques les plus ditliciles de la jeunesse, comme je ne larderai pas à le montrer.

Mais je le dois déclarer de nouveau : pour tout cela, il faut entrer .sérieusement dans la grande pensée des devoiis qu’impose la haute mission reçue de Dieu; il faut se recueillir, il tant retrancher de la vie du monde tout ce qui n’csl pas obligation impérieuse, et qui nuirait à l’acconqilissemenl de ces grands devoirs.

Je ne prétends pas qu’un père et une mère soient tenus de rompi'e complètement avec le monde ; mais je dis qu’ils doivent s’en retirer assez, pour ne manquer à rien de ce que réclame d’eux l'Education de leurs enfants. Ce n’est pas graluilemenl qu’on devient un jière et une mère de famille. Un était libre auparavant : on ne l’est plus désormais.

I.i» pauvreté , l’obligation du travail de chaque jour jiour faire vivre la famille, peuvent seules dis[)cnser les

tu. V. LA PKEMItHE ÉUUtAïlON. lU"

parents de Uavailler eux-mêmes ’a élever leurs jeunes enfants : et encore faudrait-il alors que les crèches et les salles d’asile fussent organisées de façon, que les parents ne devinssent pas tout-à-fait étrangers h l’œuvre de la première Education : ce serait une charité cruelle que celle qui amènerait ce résultat.

Quant aux riches, quant à ceux dont les fonctions sociales ne réclament pas tous lès soins, et qui n’ont guère à remplir d’autres devoirs que ce qu’on appelle, avec complaisance et dans un langage assez singulier, les devoirs du monde, je n’hésite pas à leur redire qu’ils doivent avant tout se consacrer, se sacrilier, s’il le faut, à l’accomplissement de ces impérieux devoirs de la tâche paternelle et maternelle.

Ce père et cette mère sont peut-être très-jeunes encore; ils ont vingt ans, vingt-cinq ans; n’importe: ils sont riches, brillants, recherchés; le monde les appelle ; n'importe aussi: ils ne sont plus libres de répondre à la voix du monde, ou du moins ils ne peuvent plus rien lui donner du temps et des .soins que réclament leurs enfants. C’est uniquement à ce prix (]ue la protection divine reposera sur eux, que leur toit sera béni, et (pi’ils recueilleronl les consolations réservées par le ciel à un père, à une mère, dévoués à l’œuvre la plus belle et la plus sainte.

Mais, si le monde et la dissii>ation l’emportent, si ce père et cette mère abdiquent leur sainte mission; si cette Éducation est livrée à des mains mercenaires : jusqu’à huit ou dix ans, à une nourrice, à une bonne, à des valets^ puis de dix à vingt ans, exclusivement à des maîtres étrangers ; si ces enfants, éloignés brusquement du foyer domestique, se sentent privés, avant le temps, des regards et de la sol-

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