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27* LIV. 11. LE PÊnE, LA MK1\E, ET LA FAMILLE, et (l’une nicre, sont grands assuri^ment. Je me suis complu Il le démontrer. Après l’autorité et les droit.^ de Dieu, rien n’est plus grand dans la société humaine; et toutefois, où en sommes-nous h cet égard ? Hélas ! nous le devons avouer avec douleur : depuis bientôt un siècle, on ne rencontre plus ici qu’une grandeur abaissée.
Sans doute, l’iiistoirc de tous les pays et do tous les siècles a sur ce point ses tristes révélations; et en remontant jusqu’à l'origine, il est manifeste <iu’une des plus profondes déchéances de riuimanité est dans l’affaiblissement de l’autorité, de la dignité paternelle et maternelle.
Mais nous, en particulier, il le faut rcconnaitre, à cet égard nous sommes allés très-loin : depuis le milieu du XVIII® siècle, on dirait qu’il y a eu comme une conspiration secrète des lois et des parents eux-mêmes, de la société et des familles, pour anéantir parmi nous l’autorité et le respect.
Et aujourd’hui, c’est le moins qu’on puisse dire, l’intelligence de ce qu’il y a de divin dans un père et dans une mère, et le sentiment du souverain respect qui leur est dû, ont été, selon le langage des Écritures, étrangement diminués par les enfants des hommes : diminutœ suni à filiis hominum.
Par l’institution divine, il y a la une Autorité impérissable : mais par le malheur des temps. Elle aussi, tend à s’abaisser; et fléchissant presque de toutes parts, on la voit souvent s’abdiquer elle-même, pour prévenir, dit-on, de plus grands désordres, tant le sens moral de l’inviolabilité paternelle et maternelle est profondément altéré !
Une voix plus autorisée que la mienne dirait que, par suite, les pères et les mères, dignes de ce grand nom, sont devenus bien rares.
cil. XI. ÜÉClllÎANCE.'î DE L'AL'TOIUTÊ PATERNELLE. 273
Eli bien ! je n’iiésite pas à le déclarer ; voilh le plus grand des malheurs ; car, lorsque celle sainte, celle divine autorité vient à fléchir, tout fléchit avec elle, et la société se trouve menacée dans scs premiers londemcnls.
Et s’il faut, sans révéler ici loutcs mes pensées sur ce triste sujet, m’en tenir de plus près à la question que je traite, je dirai que les instituteurs chargés d’élever la jeunesse, n’ont plus d’autorité pour faire celte œuvre fondamenUile, parce que les parents n’en ont plus eux-mêmes et ne veulent plus en avoir ; et alors, l’autorité et le respect manquant, il n’y a plus d’Éducation possible.
Pourquoi cela? me dira-t-on peut-être : que les bons instituteurs se passent des parents ! — Je réponds : on l’essaierait en vain : non, c’est toujours un grand mal et à peu près sans remède, dans une Education, lorsque le père où la mère abdiquent et refusent de faire sentir leur autorité; et cependant vivent encore, et apparaissent de temps à autre. J’aurai le courage de le dire : c’est un plus grand malheur que s’ils étaient à quatre mille lieues ou morts ; par la raison très-simple, qu’eux présents, nul ne peut les remplacer : les enfants ne le penneltenl pas, et saisissent avec un étonnant et déplorable instinct la disjonction fatale, qui se trouve entre l’autorité réelle, mais abdiquée, de leurs faibles parents, et l’autorité empruntée et impuissante des instiluteui's trahis par la faiblesse paternelle et maternelle.
Je n’ai jamais rencontré, dans l’œuvre de l’Education, une difliculté plus délicate, plus intime, plus douloureuse.
Et puisqu’il faut entrer dans le vif du sujet, je le dirai avec franchise : rien n’exidique la négligence étrange, l’inconcevable tiédeur de certains parents jmur faire valoir les droits de leur autorité, non seulement vis-à-vis de
-iHi LIV. 11. LE l'ERE, LA .MEUE, ET LA FAMILLE.
l’État, — c’est ce que nous avons vu pendant quarante ans, — mais aussi et surtout vis-k-vis de leurs enfants eux-mêmes; rien ne l’explique, si ce n’est que ces droits imposent des devoirs, de grands devoirs, et que ces devoirs pèsent.
Cela est triste k dire, mais je ne puis le taire : oui, la légèreté, la dissipation, la mollesse de nos mœurs succombent sous le poids de l’autorité paternelle et maternelle. On ne sait plus comment la porter, et on s’en délivre en se débarrassant le plus tôt possible de ses enfants : dès l’âge de six k sept ans, que dis-je? de quatre k cinq ans, il faut se hâter de les mettre en pension ! Et puis, dès l’âge de quinze on seize ans, il faut qu’ils aient fini toute Éducation suivie et sérieuse, et deviennent k peu près leurs maîtres, dans ce qu’on appelle une école préparatoire, ou ailleurs : voilà l’inspiration, la marche et le but de la plupart des Éducations.
Mais s’occuper de ses enfants, pendant vingt années, paternellement, maternellement, c’est-à-dire avec intelligence, avec fermeté, avec suite, avec patience ; étudier ces jeunes natures, s’appliquer k les connaître, à les former, k les élever; leur commander le bien et leur en inspirer l’amour; leur défendre le mal; en un mot, travailler sérieusement, personnellement, k l’œuvre de leur Éducation, cela n’existe presque plus nulle part.
Je ne puis, ni ne dois tout dire ici; et pour éclairer mes assertions, je me bornerai k trois observations, très-importantes assurément : — la première, c’est qu’on ne trouve presque plus de parents qui veuillent connaître les défauts de leurs enfants, savoir la vérité sur eux ; — la seconde, c’est qu’on en trouve encore moins qui veuillent les corriger, qui sachent vouloir, ordonner, défendre :