‹ De l'educationChapitre 96 sur 188 · XI. DÉOHli.'VNCES DE L’AI' IORITÉ P.VTERNELU · texte numérisé non relu

XI. DÉOHli.'VNCES DE L’AI' IORITÉ P.VTERNELU

Je le répète : c’est ici la ruine de toute autorité et de tout respect, et par conséquent de toute Éducation.

Le jour où vous vous croyez autorisés à interroger votre enfant de cette sorte, il faut le retirer de cette maison.

Autrement vous ne respectez plus ni votre enfant, ni les instituteurs que vous lui avez donnés, ni vous-mêmes.

Qu’on me pardonne, si j’ai reparlé des consolations et des mollesses du parloir; mais il faut avouer que cela devient de jour en jour plus extraordinaire ; et je n’ai rien exagéré eu disant qu’il y a des parents dont l’autorité et l’afTection ne savent presque se révéler que par ces gâteries: on dirait que c’est Ik le grand témoignage de l’amour.

Pour moi, je le confesse, je rougissais, non pas seulement pour les parents, mais pour la maison dont j’étais 1e chef, lorsque j'étais condamné k faire de la discipline du parloir une incessante lutte contre le chocolat, les pâtisseries et le reste ; je rougissais, quand k la suite de la récréation, je devais faire balayer tous les tristes débris dont les parloirs sont trop souvent remplis, et enlever des salles d’études, pour les donner aux pauvres, toutes les provisions de bouche dont les pupitres des enfants surabondaient parfois le lendemain des sorties.

On comprend d’ailleurs quel rôle des parents réservent par Ik k des instituteurs qui veulent faire leur devoir ; ceux-ci sont condamnés k se rendre odieux, tandis que les autres se plaisent k se rendre méprisables (1 ).

(1) J’ai vu, dans ce genre-là, des cliuses vraimenl curieuses. Je n’otiblierai jamais entre autres la ligure d'une pauvre mère et de sou lils, grand garçon de dix-sept ans, un jour que j'entrai au parloir, dans le moment même où la mère donnait au cher curant un grand sac rempli de [mires, de marrons riVtis et de pain d’épice. Je ii'ai jamais vu deux altitudes [itus singulières et plus lioiiteuses ruue de l'autre. Je dois ajouter ce-

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