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On a beaucoup vanté, et non pas sans raison, le code civil français. Je l’admire sous plusieui-s rapports ; mais je
1.1V. Il I.E PfiKE, LA MÈltE, ET LA FAMILLE, ne puis l'admirer en ce qui concerne le père, la mère el la t'amille ; il y a là du moins de grandes réserves à faire.
•\vanl d’indiquer ces réserves, el d’exprimer simplement el avec le respect que je dois aux lois de mon pays, mes regrets et mes vieux, je dois dire que ce que le code civil a fait était considérable pour le temps. Au milieu des emportements révolutionnaires, tous les liens de la famille avaient été relâchés ou brisés : l’autoritc maritale, la puissance paternelle, l’ordre légitime des successions n’existaient plus. Selon les fortes expressions de M. Portalis, dans son discours préliminaire du premier projet de code civil, /r désir de tout détruire, le besoin de rompre toutes les habitudes, d’affaiblir tous les liens... V esprit révolutionnaire en toutes choses, inspirant, non des lois plus sages ou plus justes, mais p/us favorables à la révolution, et par là même nécessairement hostiles, partiales, éversives,... on avait vn successivement fouler aux pieds, jusque dans les grandes assemblées législatives du pays, ce qu’il y a de plus respectable et de plus sacré sur la terre : temps d’une effroyable anarchie, dont on ne peut plus guère aujourd’hui se faire une idée juste, et dont, à cause de cela même, nous ne saurions bien expliquer toutes les erreurs et tous les excès. Vous ne comprendrez jamais jusqu’où on peut aller, aux grandes époques de décomposition sociale, répondait M. de Talleyrand à quelqu’un qui lui disait : « Je comprends « tout dans votre vie ; mais je ne comprends pas votre matt riage; comment avez-vous pu aller jusque-là? »
C’est à la lumière de ces souvenirs et de ces pensées, qu’il faut juger le code civil, tel qu’il fut fait après ces tem|)S malheureux, et qu’on peut, qu'on doit même l’admirer grandement encore, malgré ses faiblesses.