XX INTRODUCTION
Le parti le sait bien lui-même, et les habiles le disent tout bas, en attendant l'heure de le proclamer tout haut î
Depuis soixante années, combien n'avons-nous pas eu de ces célébrités mensongères ! de ces faux grands
hommes I
Combien d'hommes, de peu ou de rien, qui ont été tout à un jour donné, et puis qui, le lendemain, se sont évanouis dans leur néant! dont le souvenir s'est tellement effacé, qu'on est quelquefois tout étonné du silence qui s'est fait autour d'eux, et tout surpris d'entendre môme prononcer leur nom et de savoir qu'ils vivent encore, tant on n'en entendait plus parler.
Voilà les hommes que nous avons eus !
Mais des hommes autour desquels on se rallie, des hommes devant lesquels la jalousie tombe, des hommes que les passions respectent;
Il n'y en a pas : ou, s'il y en a, la Providence ne les adopte point : I'avénement leur manque : ou bien ils manquent eux-mômes à la Providence et ne répondent pas à son appel.
Que sais-je? il y a peut-être en eux quelque chose que j'ignore, que le monde ne sait pas, mais que Dieu sait, et qui fait que Dieu ne les a pas adoptés, et qu'ils ne deviennent point les hommes de Dieu pour le salut du monde !
Quelquefois ce ne sont que des défauts, négligés ou flattés, qui ont ces grandes et lamentables conséquences.
Il y a peut-être parmi nous tel homme qu'un seul défaut empêche d'être l'homme de la Providence.
Qu'il me soit permis de le dire : quand on est revêtu d'une autorité quelconque ici-bas; quand on a reçu de