‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 107 sur 122 · CH. VII. — DES PETITS SÉMINAIRES · texte numérisé non relu

CH. VII. — DES PETITS SÉMINAIRES

« voie à la fortune, aux pouvoirs, aux honneurs, je com- « prends parfaitement que l'on n'eût aucun besoin d'écoles « ecclésiastiques préparatoires; je comprends parfaitement « que le clergé se recrutât nalurellemenl, suffisamment, « dans les écoles publiques, au milieu de VEducation corn- « mune^ et qu'alors, en effet, sous de telles conditions so- « ciales, il valût beaucoup mieux, et pour la société et pour « le clergé lui-même, que les écoles publiques fussent les « écoles ecclésiastiques préparatoires, et que Bossuet fût « élevé à côté du grand Gondé.

« J'entends cela à merveille, je le répète, dans un état de « société où les croyances religieuses étaient générales et « puissantes, où la carrière ecclésiastique était une carrière « brillante qui attirait un grand nombre d'aspirants.

a Mais aujourd'hui, Messieurs, regardez autour de vous, « il n'y a rien, absolument rien de semblable. D'une part, « l'empire des croyances religieuses s'est prodigieusement « affaibli; d'autre part, les motifs mondains, les motifs de « fortuneetde pouvoirqui attiraient autrefois lantd'hommes t dans la carrière ecclésiastique, ces motifs n'existent plus: (c en sorte que ni les considérations morales, ni les consi- « dérations mondaines, qui autrefois recrutaient naturelle < ment et facilement le clergé, ne se rencontrent plus dans « la société actuelle.

« Cependant, Messieurs, l'empiredescroyances religieuses « n'est pas moins nécessaire aujourd'hui qu'à d'autres « époques; je n'hésiterai pas même à dire qu'il est plus né- « cessaire que jamais : nécessaire pour rétablir, non-seule- « ment dans la société, mais dans les âmes, l'ordre et la paix « qui sont si profondément altérés.

« Il est donc, pour cette société-ci, du plus grand intérêt, « et d'un intérêt plus grand que jamais, s'il est possible, « d'entretenir avec soin, de propager l'empire des croyances « religieuses ; et, si l'établissement des écoles secondaires

3M LIV. V. — BSB JDIYERSE6 BORTES D^ÉDUCATION.

« eccléfiiBstiques préparatoires est reconnu nécessaire -an < recrutement du clergé, àlapropagationiies orofonces et a de rinlLuenee religieuses^ je dis que ces éG6tos,>q[ii8nd « J^ien^méme elles auraient été «à d*autres époques «ineins- « .tiiiUion ^peuJlécessaire, «eraient aujourd'hui id'UBBirëces- « -site pressante ; qu'il y a là une institution (pie'BOiHMifâe- « «nent iliaut laisser nalive' û'eUe-mémBy mms^k lagoèlle la <i «ooiôté^t les 'pemYOirs publics doivent ^prêter leffr aipipui.

<« Je maintiens donc en principe, comme Obronne^ 'Utile, « nécessaire à la société actuelle ^t d^une tifts-îierureuse « influence, «Inexistence des écoles secondaires Beclèsras- « tiques. ^

Ces considérirtionB s^ont la réponse la plus pèrcnriîtOTre à ceux qui'om parlé «t «qui parleraient encore aujourd'lnii de placer les écotes ecclésiastiqu'es -sous r^mpire 'de xe 'qu'ils «appellent le dfrfoit commun!

M. Saint-Marc Girardin,*eni4 637, d-acoordavec M. ^Ouisat survie but qu'U ittUaitaiieindre, nediiïévalt avec kiiquecur le •chemin . à prendre.

« L'Btat^ ^disaU41, TËtat mè^nenepeut'se "passer 'de ces « écoles, car il ne peut^p^is se passer ^de prêrtnres*: et ïlKist « reconnu que, pour former des prêtres, il faut'tteS'^c^les « fiariicultôres.' Ces écoles «sont donc mve dies nécesi^ès de <t la société. »

M. Tiiiers disait en 4644 : a On comprend que, 'pBur une « limiction aussi •spéciale dans k société que «ceile du^aecr- •u doce, on accorde une 'Edacation spéciale: (Sest 'âflOfi ce « but que les Petits 'Séminaires ont été ini^tuâs. »

Après de telles -autorités et de tels aveux, & «ât «intftile d'insister davantage: jeme bornerai à dire è cein-qui invoquent contre nous le droit commun, qu'ils' coitfendent ici

dauxchoees parfaitement distinctes, è «aroir: ^B firimiége ^X^Si 'Spécialité,

ûàw q^ les J^eiits-SteHnarres wnt 4aiis le T^ivlB^c, e*

.OB. ^H. — Jm& .'PE^lTSffiÉMiîUlRES. 3d9

plâx{è&ônid6hor&du droit cemmun, parcêttidis sont j[ièae&- £âiremejit.uae spècialUé aussi .bien que. les -écoles de marine, que les écoles mililaires, que les écoles industrieUeë ôt jeommerciaks, i&'est \paiiaent ne ;pastse(Comprdndre sdImême!

Comment peut- on, de bonne foi, nous accuser de Touferr échapper mi xlruit âomiDunipar ie. privilège v'njCHiscpii ofi/réclamons,.âii .nom. de la inôoassilè ôtde ia spécialité «de^nes écoleSp^i^^ le droit <commun.à toutes tû& écoles spéciales de préparer leurs sujets .aux ,oarrièros diverses qui Jes attendent?

Qui a jamais pensé à dire que les écoles spéciales sont dans.le privilège^ et qu'elles demeurent en (iehovs du droit commun^ pa^ee qu'elles ne déqpendent pas du 'ministère de rinstruction publique?

Il y a ici ufie déplomble méprise: c'est le moins que je puisse dire.

Mais la bonne foi laplus vu^ive Be«ufftt-<elle pas à'nous défendre contre rinjustioe.dettos'adversairefi? Les écrivains universitaireseux-mémefi n'ontvits'pa&éd^ condamnés»àT«ndre sur ce point hommage à la yériië?

On a déjà cité ce qu'écrivait, à propos des Séminaires et des.autres écoles «pédales, M. Matter, iasspecleur «général de rUniversité, dans .un traiodl'publié au tome XIY de VEn- Cffelopédie des gens du monde, sur rinstruction publique :

a:La plupart des écoles^pécialesBontGompïétementètran' >« gères au ministère de rinstruction publiqtte.

i« L'école ^polytechnique, réeole militaire de Saint-Cyr, « de collège militaire de la Flècheet lesécoles d*artillerie « relèvent du ministère^de la guerre*;-— l^ole navale de ft Brest relève du ministère de la «épine;-- Técole des f mines, le 'Gonserviatoire des arte^de 'Paris, les técoles des « arts et métiers de Châlons et d' Angers, 'relèvent du mi- « nistère des 'tr»vau>x puiïlioB;— les GTands «eï Petits-Sé-

« minaires relèYent du ministère de la justice et des cultes; « — l'école forestière de Nancy relève du ministère des « finances. »

Il aurait pu ajouter que l'école d'Alfort, où se trouvent trois cents élèves, relève du ministère de l'agriculture et du commerce.

N'est-il pas évident, puisque toutes les carrières spéciales et publiques ont leurs écoles spéciales, que la spécialité à laquelle on voudrait donner le nom odieux d'exception et de privilège, n'est plus ici que la liberté dans l'ordre, la spécialité des vocations et des fonctions diverses dans l'harmonie sociale?

Le bon sens ne proclame-t-il pas que les Petits-Séminaires n'ont jamais été placés en dehors du droit commun, parce qu'ils ont nécessairement une spécialité, comme les écoles de marine, comme les écoles militaires, comme les écoles industrielles et commerciales?

Seulement, il Je faut ajouter, /a spécialité des Petits-Séminaires est une spécialité de l'ordre le plus élevé, le plus respectable, une spécialité inviolable et sacrée.

M. Portalis a rendu un juste et éclatant témoignage à ces principes:

« L'égalité devant la loi n'est pas le nivellement; l'égalité « ne veut pas que des établissements placés dans des condi- « tiens diverses soient régis par une règle uniforme, mais « qu'ils soient soumis indistinctement à Tautorité de la loi. « Sous cette autorité, il est équitable que chacun vive selon « sa constitution propice : ce serait le contrairequi blesserait « V égalité. C'est ainsi qu'il est des privilèges apparents qui « ne sont que des rappels à V égalité proportionnelle.

(c Les Petits-Séminaires doivent donc rester des écoles de « clorcs spécialement placées sous l'autorité et la surveil- « lance des Ëvéques. »

C'est ce que Napoléon lui-môme avait compris, lorsqu'il

Page 1