‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 108 sur 122 · CH. VU. — DES PETITS-SÉMINAIRES · texte numérisé non relu

CH. VU. — DES PETITS-SÉMINAIRES

reconnaissait que les Séminaires^ élant des écoles spéciales, ils ne devaient pas être soumis aux lois générales sur Tinstruction publique.

Il est manifeste, d'après les principes que nous avons établis et d'après les aveux mêmes de nos adversaires, que l'Eglise ne pourrait, sans manquer à tous ses devoirs et sans se trahir elle-même, accepter le droit commun et la surveillance de l'Etat, si ce droit commun et celte surveillance donnaient à l'autorité latque une action quelconque sur le gouvernement spirituel des Petits-Séminaires et sur l'Education ecclésiastique de nos élèves. Si nos règlements religieux, si nos règlements disciplinaires et nos exercices de piété, si nos programmes d'examen, nos livres d'étude et nos auteurs classiques pouvaient, sous le prétexte de ce droit commun et de cette surveillance, nous être imposés par des hommes étrangers à tout ce qui constitue la vie et la direction intime de l'Education ecclésiastique; si des livres et des auteurs non approuvés par l'Eglise pouvaient être placés entre les mains de nos élèves, comme îls l'ont été et comme ils le sont encore ailleurs; si c'étaient là, de près ou de loin, directement ou indirectement^ en tout ou en partie, le droit commun et la surveillance auxquels on voudrait soumettre les Petits-Séminaires, nous les repousserions, parce qu'en anéantissant la spécialité de ces établissements, on porterait ainsi un coup mortel à l'Education sacerdotale, et par suite on ruinerait infailliblement le sacerdoce en France.

Et n'est-ce pas ce que M. Portails lui-même exprimait avec énergie, lorsqu'il disait : « Les Petits-Séminaires doi- < vent demeurer en dehors du droit commun. On ne peut « les faire rentrer dans ce qu'on appelle le droit commun, « sans les détruire. »

Ce serait, d'ailleurs, une étrange erreur de ne voir dans nos Petits-Séminaires que du grec et du latin : ce qu'il faut

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y voir avant. tout, c'oslla spèdalitè morilIe,x>eBtl'£duiUBti(m donnée à. la reli^îeufie jeunesse du sanctuaine.

Quant au grec et au latin, il y a encore ici.un& obsematcon importante! faire.

Sans doute, ces études linguistiques nous sont cfHXS&uMi^ avec les 'écoles du siècle; mais ^ellfis^ont son jmêiae ^(Mwps pour BOUS une.fiBÉaALiTÉ particuliôFe,

•Qu'on ne s'y trompe pas : si nous étudJ^us/cwDste id 'Boires, lestlangues.atles littératures grecque^ dt.lQtine,'eetn!e8t pas seulement parce qu'-elles «ont les .pkis.beli»s lasogaitBiqne rhomme ait jamais .parlées, les archives iiniHL0Ttellfts«âe8 plus jnagnifiques créationsde Tesprit huiuain ; ni parce que jChafiune d'elles a été, à son tour, ie lien univetsel des p«Cbpies -ex \& langage de la plus .haute .civàiisatien *. 'boeos les étudions surtout parce qu'elles •sont/pQurpQus.denxibnigaes nécessaires, j>£U{x lanoubs fiAii^Tfis. Ce sont lesilangviesàe VEglise catholiques de.VEglise grecque^ de l' Eglise *iuttne.

Notre Jitungie, blos oanons, ious nos Pères, .to9£5'no& conciles, nos.livre6 saints eux-rmémes son técrrtsdansc<es langues. L'eûstence de la société ^iaïque^ne Uent pas k rétude du grec et duMin; lasociètè 6pirUuelle,rEgUse,ne*peuH*Bn passer. Lavdi^ine (Providence â. confié à ces langues te sacvè^d^t d£ nos -tradltiodafi ::elle a fait de.rnne>d'elles surtout ^rorgone Itôrmanentidu. catholicisme : c'est dans cette (langue^étenveMe qu'ilpironoince'SiBs oracles,' qu'il aloujours parlent qii'il parte encore à tous ses^enfants dispersés sur la surface du ^be.

Vous faites faire la philosophie en français; vous négligez étrangemeni le latin; le droit romain lUMnôme, tous 'ne llenseiguez .plus, -vous ne le faites plus étudier qu'en français, nous ne a^ous i)lâmons pas: c'est votre afËEiire. Iffiaîs si iaphilosophie.s'tnseignait, chez nous comme chez'vmiSf'en langue vulgaire; ou si nos élèves, selon vos unoiennîes'eKigences, . d&vaient Ja faire dans vos maisons, nous en snaffwBlons^riwenHîDt : nos jeunes gens perdraient iafiàilliWe-

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«mont i!habitude d£ la languB «celèsiastjiqtte^ qui ne serait iiientôt plus paur eux qu'un (idiome étranger\ La désuétude et, par suite^ le dégoût de la langue amèneraient nécessairement .pour .eux i'éloignement et le dégoût de leur .état.: natucellement ces.jeujîes.genfi se porteraient plutôt ver£ desxarrijères dont les* études ne leur offrant pastde pa- 3*eillâ6 difficultés, at ainsi se perdraient toutes les'vecetioos ecclésiastiques.

:I1 ji'y .aurait qu'on moyôn • d'éviter ces »graves inconvénients ; .mais ce serait par un inconvénient plus dôsastreiijkx encore. 11 faiidrait.condamnertla<tbjéologieià<renom)er à sa langue ipropre et é s'enseigner ûïi .français^ .à cau«e ile la difficulté qufaunaient les^ôlèvosà la parler et même à la <:on)pF.endpe; mais^ de là, i6& saints tPôres négligés, les Con- £iles;|gnorèSvl£sdèc£ôtSides .Souverains fPontifes et toutes les lois de l'Eglise à peu prés. inconnus; tous les plusignaiids théologiens,. tous Les momuoaettts las ^lu6Hsavants deJa^disc^plineetie l!histoire ecclésiastique ^Uis&és^danfiiroiidaiU; ki science catholique tout.entièire alDaissèel

Voilà jusqjuloù va .pour nous vktquestiondu greCiOt xlu latin. On le «voit, ce n'est »pas.«eulâmeat.à £os>yeuxune question d'amour-propre ou de goûtlittéraire^pLu&oumieins resjtôctable : c'ost une question ^outeireligiâttse; c^sttune question jde conscience.

.L'enseignement deces langues estipour naos, chezuous, dans nos écoles, un droit dmpfescpiptible :en même temps qa'un devoir sacré; nous .ne ^pourriODS.sur oeipoint jraconnaître à aucune puissance ^humaine un droit .quelcoaque contre nous. Si. un «nouveaUrJ^ulien r-Âpostat, monarchâiue ou républicain, voulait uousioterdire d'enseigner ces lan»

1. C'est ce que nous éprouvons pour le petitnûmbre d'aspiranis qui^rdvent dans les Grands- Séminaires, après avoir fait leur philosophie dans «n étaiJlisrementTiniversilaire : on- est très^souvïnt obligé de la leur faire rf preudi» jen . laUn . : . plusieurs rresulrat dcYmt cette nécessité.

gues saintes à la jeunesse cléricale, nous y mettrions notre Yie, notre sang; et le martyre déciderait au besoin la question.

Mais, dit-on enfin, vos Petits-Séminaires seront donc fermés à TËtat? L'Etat ne sait rien de ce qui s'y passe, TEtat n*y entre^ n'y pénétre jamais. L'Etat n'a aucun moyen de savoir si l'esprit qu'on y inspire à la jeunesse est un bon ou un mauvais esprit.

La réponse est facile. Les Petits-Séminaires ne sont point fermés à TEtat, pas plus que les autres écoles spéciales.

Les Petits-Séminaires sont, danscbaque diocèse, sous ]a surveillance immédiate et la direction spéciale de TËvéque, qui est, d'après le Concordat, choisi et nommé par le gouvernement, et qui demeure, aux yeux du gouvernement, pour les écoles ecclésiastiques de son diocèse, Tautorité responsable. Que veut-on de plus?

Tous les vicaires généraux, les cbanoines, les curés des grandes villes, c'est-à-dire tous ceux qui, dans chaque diocèse, ont une influence plus ou moins prochaine sur l'Education des Petits-Séminaires, sont tous agréés par le gouvernement sur le rapport du ministre des cultes. Tout cela ne suffit-il pas?

Les Petits-Séminaires, comme les autres écoles spéciales, comme tous les établissements et toutes les choses ecclésiastiques, sont donc dans toutes les formes les plus exactes de la situation convenue entre l'Eglise et TEtat.

Quant au fond, quant à l'affection et au dévoûment, c'est chose que la défiance n'inspirera jamais!

M. Portails était mieux inspiré, lorsque, répondant à nos injustes détracteurs, il leur disait :

« Les Petits-Séminaires, les établissements ecclésiastiques

« sont-ils donc une terre étrangère? Les prêtres ne sont-ils

« pas Français et citoyens aussi bien que nous? Le chef de

Mse est, sans doute, leur chef dans Tordre spirituel;

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