CH. VIII. — DES PETITS-SÉMINAIRES
ment rompue au siècle dernier, entre la Foi et les Lettres^ enlrè la Religion et les Sciences, entre la Vertu et les Arts, par conséquent entre la France et son Sacerdoce, entre TEglise et le Pays.
C'est préparer pour Tavenir une génération nouvelle, une génération forte et dévouée, intelligente et capable, qui comprendra les besoins et la marche des agitations humaines, et ne s'en montrera pas plus effrayée qu'il ne convient à ceux à qui les lumières de la Foi doivent donner quelque chose de la sagesse et de la patience de Dieu ; à ceux qui peuvent trouver dans l'histoire de leurs pères et dans les souvenirs du passé les secrets de la Providence et les espérances de l'avenir.
Le Chrétien fidèle et le Prêtre de Jésus-Christ, dit saint Cyprien, quand ils tiennient l'Evangile d'une main et la Croix de l'autre, peuvent être tués, mais point vaincus, et ne désespèrent jamaiç : Occidi potest^ vinci nonpotest! Si les Petits-Séminaires et les maisons d'Education chrétienne répondent à la grandeur de leur vocation, il en sortira des Chrétiens et des Prêtres qui sauraient, aux jours du péril, se dévouer pour la société menacée, se presser autour de rarche chancelante, la soutenir d'une main généreuse et la fortifier avec joie, au besoin, d'un double rang de confesseurs et de martyrs ! Mais, dans les temps meilleurs, dont nous demandons à la bonté divine de nous ménager enfin la .sécurité, ils auront encore une belle mission à remplir. Les enfants, élevés dans les écoles de la Religion, seront l'honneur et la consolation de leurs familles, Tornement de la société, les apôtres de la vérité et de la vertu, les consolateurs des malheureux, les protecteurs des pauvres, les amis les plus éclairés de la paix et de l'ordre public, les plus utiles soutiens des lois, les plus puissants, quoique les plus doux vengeurs de la justice.
Et ceux parmi eux que Dieu honorera du sacerdoce évan-
gèliqae auront îci^bas la plus belle des missions et la plus pure des gloires : car on Ta dit, il est vrai : c'est aux Prêtres de Jèsus-Chrisi, c'est à eux seuls qu'il appartient non-seulement de prévenir et d'étouffer le crime au tond des<5œurs égarés, mais de conserver l'innocence des cœurs faibles et de persuader le repentir aux cœurs coupables ; c'est k eux<i à eux seuls, qu'il est encore donné, au milieu desr agitatiofis sociales, de prêcher avec vérité et avec fruit : à ceux qui commandent, qu'ils doivent se dévouer pour les. besoins et le service de tous ; aux peuples, qu'ils doivent l'ob^ssance et le respect aux chefs des nations, et à tous les hommes enfin, qu'ils sont frères!
C'est ainsi que par la haute et profonde influence d'une Education sainte, nos élèves trouveront à l'ombre du sanctuaire qui protège leur jeunesse, le secret et le germe des fortes vertus. Et, un jour, Prêtres du Seigneur ou simples Chrétiens, lorsque, selon la diversité de leurs vocations et de leurs carrières, ils se dévoueront, eux aussi, pour leur pays et pour leurs frères^ qu'ils le fassent sans doute comme des Prêtres, comme des Chrétiens fidèles, pour obéir aux lumières de la conscience, qui commande le devoir ; mais aussi comme des Prêtres, comme des chrétiens généreux, pour obéir sans effort et sans faste à cette noble et évangéiique passion des grands coeurs, à qui les dévoûments sont un besoin et les sacrifices une j(>ie!
Ce jour-là leur Education aura reçu ici bas sa plus belle couronne, leur famille sa consolation la plus giorieuse, et ceux qui furent les instituteurs de leur jeunesse la plus noble des récompenses !
Sainte et précieuse jeunesse! cher et dernier espoir de l'Eglise et de la patrie! tribu choisie et privilégiée du Seigneur, continuez à croître sous les ailes de la Religion ! Pressez- vous dans ces asiles où se perpétuent encore les bons exemples et les bonnes maximes ; où peuvent encore
GH. IX. — qu'il ne faut PAS SACRIFIER, ETC. 367
se former des âmes grandes et vertueuses par goût, par inclination, par une sorte de nécessité bienheureuse ; parce que les préjugés communs, ailleurs si redoutables, là cons^ pirent tous en faveur de la vertu, et que rien n'affaiblit leur action et ne balance leur aiutorité!