‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 15 sur 122 · DÉVELOPPER · texte numérisé non relu

DÉVELOPPER

J'insisterai sur ce point : il n'a pas été nié en théorie, mais il est chaque jour étrangement méconnu dans la pratique.

L'Education consiste essentiellement dans le développement des facultés humaines.

Si les soins du maître et les efforts de l'élève n'aboutissaient pas à développer, à étendre, à élever, à affermir les facultés ; s'ils se bornaient, par exemple, à pourvoir l'esprit de certaines connaissances, et, si je l'osedire, à les y emmagasiner, sans ajouter à son étendue, à sa force et à son activité naturelle, l'Education ne serait pas faite ; il n'y aurait là que de V instruction. Je n'y reconnaîtrais plus cette grande et belle œuvre créatrice qui se nomme l'Education : educere. L'enfant pourrait à toute force être instruit, il ne serait pas élevé! L'Education même de l'esprit serait en défaut.

II n'y aurait là tout au plus qu'une instruction vulgaire et en quelque sorte passive, telle qu'un être faible et incomplet peut la recevoir.

Qu'on ne s'y trompe pas : il faut nécessairement que, sousla forte et heureuse influence de l'Education, toutes les facultés de l'enfant se dénouent, se développent à la fois et prennent l'essor, l'action, l'étendue, en un mot, la vie qui leur est propre. C'est alors seulement qu'on peut espérerde

fO Lft. i**. ~ DÉ l'Éducation bn général.

celte jeune créature la maturité au temps convenable, et un jour, peut- être, les fruits d'un développement glorieux.

Le langage et la nature des choses sont d'ailleurs ici d'accord : une heureuse éducation et un heureux développement, dans un jeune homme, sont des expressions synonymes : tant il est vrai que l'Education consiste essenliellementàdévelopperles facultés ! tant il est vrai que tout doit y tendre au développement, au progrès physique, intellectuel, moral et felîgteux de l'enfant! dùti^eraent il h'y âpasd'Édlidatio^n.

Par cela même que rÉducalîon est un développement y elle est essentiellement progressive ; mais sa m'âfche, ses ptogfês, doivent êtt*esagettierit compris et prudemtneill ménagés.

L'Education, à bien dire, c'est le développement delà iiËture ellc-thôme en tout ce qu'elle a de bon : aussi, selon la simple et profonde parole de Fénelon, elle doit suivre la nature et Vaidet: sa marche fle doit jamais être violente ni ses progrès précipités.

Voilà pourquoi l'Education, telle (}ue la sagesse des peuples et l'expériende des siècles l'ont conçue et instituée, veille sur l'homnïe et s'applique constamment à le fornaer, à le développer, â l'élever pondant les vingt prertiières années de sa vie environ ; comme la nature elle même y travaille eti silence peftdant â peu prfis le même espace de temps.

Ce n'est pas qu'à vingt ans l'Education, non plus que \û nature, aient entièrement achevé leur œuvre : non, Thomme intelligent ei moral pendafti tout le cours de sa vie acquiert, se forme et s'élève toujours jusqu'à cet âge, môme avaùdé, où tout changement pour lui semble n'être plus un progrès^ mais un déclin.

L'EduCalldn nti doit dohc fieh avoir de borné ni de reéfrelht : elle embrasse l'homme tout eniiefdt le ôuUjrisqù'àU bOTit fle sa carrière. La perfection, voilà lé véritable but (lU'elle &e propose : et elle ne dôHJâttals avolf Ift prétention

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