‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 16 sur 122 · CH. II. — ŒUVRE DE DÉVELOPPEMENT ET DE PROGRÈS · texte numérisé non relu

CH. II. — ŒUVRE DE DÉVELOPPEMENT ET DE PROGRÈS

d'y être parvenue. Elle essaye de donner aux facultés hu- «raines toute la culture, tout le développement dont elles sont susceptibles : elle s'efforce de rendre Thomme aussi parfait que possible pour le monde présent et pour le monde futur ; mais, afin d'y parvenir, elle y travaille constamment jiïsqu'à la fin.

Toutefois, il faut le redire, ce qu'on entend d'ordinaire par Education est communément achevé à vingt ans : à cet âgeTbamme physique a acquis toute sa croissance. Il peut encore se fortifier : il n'a guère plus à se développer, à grandir; et l'homme intellectuel et moral, dontîe développement ne s-'arrèle pas si vile, commence alors àjouirdeses facultés dans la puissance de leur action et dans la force de leur intégrité naturelle : il peut les appliquer à tout. Mais, pour élever rhomme jusque-là, l'Education suit et doit suivre, comme nous l'avons dit, la marche de la nature, et non la prévenir. Ceîle-ci montre d'abord l'enfant faible, débile, sans parole et sans voix : infans ! Malgré la sublimité de son être, malgré ta grandeur de ses destinées, quoi de plus misérable qu'un entant à sa naissance ? Mais la nature, est patiente : elle le fait passer successivement par tous les degrés de l'âge -.elle fortifie peu à peu toutes ses faiblesses ; et, avec le temps, elle lui fait atteindre toute sa croissance^ tout son développement, et enfin toute sa force.

Ainsi doit procéder l'Education intellectuelle et morale de l'homme, avec la même constance, avec la même douceur : elle suit la nature pas à^pas ; et^ comme elle, fait passer Fiiomrae par des degrés divers où elle accommode ses enseignements et ses leçons, sa culture et ses exercices, au progrès de l'âge, aux forces de l'enfant et à son développement naturel.

Elle débute dès sa naissance. L'apaisement de sespremiers cris, une patiente résistance à ses premiers caprices, voilà le commencement de son Education. Depuis la première ca-

resse donnée à cet enfant par sa mère, depuis la première parole qu'elle dépose avec un baiser sur ses lèvres, depuis la première pensée que le son de sa voix, la tendresse et la lumière de son regard, rinspiration et le souffle de son âme, vont éveiller au fond de cette intelligence, jusqu'à la dernière leçon donnée par un père ou par un instituteur digne de ce nom à ce jeune homme, au moment de son entrée dans le monde : tout ce qui se dit, tout ce qui se fait, tout ce qui se commande, tout ce qui se défend, sous le toit paternel comme au collège, doit se dire et se faire, se commander ou se défendre, dans le but de ctUtiver, d'exercer, de développej' en lui les dons de la nature ; dans l'espérance d'élever ses facultés à la force de leur intéariténaturelle, et de lesétablîr dans la plénitude de leur puissance et de leur action.

Mais tous ces enseignements si multipliés, si variés, toutes ces leçons si importantes, doivent être habilement proportionnés à rétat, aux forces, à Tintelligence et au cœur même de l'enfant.

C'est pour cela que cette Education, dont la marche doit être essentiellement graduée et successive, a été partagée en trois périodes diverses d'après les progrès de l'âge et le développement naturel des facultés humaines. Il y a donc :

1 ^ VEducation maternelle', qui veille plus particulièrement sur l'homme depuis sa naissance jusqu'à l'âge de sept ou huit ans ;

-2« VEducation primaire, qui le suit depuis sept ou huit ans jusqu'à dix ou douze;

3® VEducation secondaire, qui s'étend depuis dix ou douze jusqu'à dix-huit ou vingt.

Mais ici il y a deux observations bien importantes à faire.

L'ouvrage de l'Education ne s'avance pas toujours régulièrement comme celui de la nature ; malheureusement il s'en faut bien que les âmes croissent et se développent toujours comme le corps : l'enfant n'est jamais un moment sanscroî-

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