CHAPITRE II
L'Enfant, mes expériences.
U est vrai que, pour être utile aux enfants, pour ne pas se laisser décourager par leurs défauts, pour découvrir toutes lears qualités, il faut les aimer ; il faut sentir le bonheur d'en être aimé; il faut s'intéressera eux; il faut mettre sa joie à les voir de près; il faut les étudier avec intelligence et avec amofir; il faut prendre plaisir à causer familièrement avec eux : leur humeur se tempère et s'adoucit dans de telles conversations. Toute hauteur, toute âpreté disparaît alors en eux r non-seulement ils deviennent polii^, sociables, complaisants, sincères, enjoués, reconnaissants, tendres; mais leur esprit s'élève, leur cœur s'ouvre , et on y découvre les choses les plus touchantes. Leur âme s'épanouit tout entière ; on aperçoit quelquefois tout à coup derrière ce petit visage doux et riant, et dans le fond de cette mobile créature» qirelque chose de grand et de divin qui étonne d'abord et que bientôt on vénère avec tendresse.
lorsque Fénelon parle de cette merveilleuse grâce qui se nomme la simplicité, il ajoute que c^est la perle évangélique digne d'être cherchée dans les terres les plus lointaines ? C'est un diamant d'une eau si pure qu'elle réfléchit toutes les plus belles clartés !
Les bords du Gange qui nous envoient les perles de l'Orient, ne nous ont pas envoyé la simplicité, je l'ai trouvée dans le cœur d'un enfant.
Sans doute, la candeur de leur front, la vivacité de leurs regards, ce coloris si pur, ce sourire si gracieux, ces paroles si simples et si aimables, toutes les innocentes beautés et
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les charmes extérieurs de cel âge, ont une grande puissance ; mais les charmes de leur cœur sont plus puissants encore. Voyezcommenlcette simplicité naïve inspire à renfanl, sans qu'il le sache, les plus hautes verlusl On peut direde lui ce que l'Apôtre dit de la charité : Il croit tout ; il espère tout ; il recherche tout ce qui est aimable et bon ; il admire toutce qui est grand et noble, il ne soupçonne pas le mal; il ne s'attriste pas dutuen.II se réjouit de tout ce qui est heureux. Vous Taimez, il vous aime; vous paraissez vertueux, il vous nénère. Il agit sans ambition, sans malignité, sans araer^ tume et sans aigreur. Au récit d'une action généreuse, son cœur bat, son regard s'enflamme. A la vue du malheur, ses larmes coulent ; il n'attend pas qu'on lui expose, il comprend, il devine les besoins de la misère. Son regard est toujours le plus prompt à découvrir le pauvre qui s'attache en tremblant à ses pas ; sa main, toujours la première à s'onvrirpour le soulager. Non, je ne m'étonne pas que Jésus- Chrîst , un jour que ses disciples se dispolaient entre enx pour savoir qui serait le plus grand dans le royaume iJes deux, ait appelé un jeune enfant, et après l'avoir embrassé, le plaçant an milieu de la foule attentive, leur ait dît : En vérité, je vous le déclare, si vous ne devenez semblables à ce petit enfant, vous n'entrerez- point dans le royaume des deux'.
On le voit, je ne raconte point ici les rêves de mon aroitfè ponr l'enfance et lajeunesse ! Depuis Jésus-Christ qui voulut être le précepteur et l'ami du premier âge, quel instilntenr, digne de sa divine mission, n'a pas éprouvé ce que je viens de dire ? Qui n'a vu quelquefois, avec un profond attendrissement, dans ces jeunes cœurs, cette ardeur ei bell«; cette docilité si courageuse ; cette générosité si confiante : ces vives et fortes inspirations; et enfin, quand le joor est