‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 35 sur 122 · LIV. II. — CH. IV. — DE L'ENPANT HT DU RESPECT · texte numérisé non relu

LIV. II. — CH. IV. — DE L'ENPANT HT DU RESPECT

heureux, si Ton parvient à les rendre capables d'apprendre quelque chose vers quinze ou seize ans.

Reste, enfin, V Education morale et religieuse^ qu'il appartient à un père et à une mère dignes de ce nom de donner eux-mêmes à cet enfant, dès tes premières lueurs de sa raison ^t de son intelligence. On dit souvent que cette Éducation n'est pas de cet âge, et, sous ce prétexte, qui est une grave erreur, on néglige de donner à l'enfant, à l'heure précieuse où elle commence à devenir possible, la culture qui est la plus importante et dont il est le plus capable.

Car, dès lors, son intelligence est tout à la fois une cire molle qui reçoit les impressions qu'on lui donne, et une faculté active qui commence à saisir : dès lors les penchants du cœur se révèlent : Thomme fait ses premiers pas et se déclare; les traits de son caractère se dessinent; la volonté s'exerce: la conscience se forme : dès lors Tenfant peut acquérir les premières connaissances du bien et du mal, le premier amour des vérités et des vertus chrétiennes.

Qno telle soit la marche de la nature, c'est ce qu'on ne contoale pas. Pourquoi donc ne sait-on pas agir en conséquence? Pourquoi trop souvent le travail des instituteurs qui comprennent leur tâche consiste-t-il à combattre et à déraciner les défauts grossiers nés et nourris à cet âge? et le plus souvent ils n'y peuvent réussir.

Fénelon a donné de sages avertissements à cet égard : » Dès ce jeune âge, dit-il, si peu que le naturel des enfants « soit bon, on peut les rendre dociles, patients, fermes, « gais et tranquilles : au lieu que, si on néglige ce premier « âge, ils y deviennent ardents et inquiets pour toute leur « vie ; leur sang se brûle, les habitudes se forment; le corps « encore tendre, et Tâme, qui n'a encore aucune pente vers » aucun objet, se plient vers le mal ; il se fait en ewx une « espèce de second péché originel^ qui est la source de mille t désordres quand ils sont grands, »

QUI EST DU A LA DIGNITÉ DE SA PiATURE. 83

Parmi les admirables conseils queFénelon adresse à ceux qui sont chargés de rËducation morale du jeune âge, il en est encore deux plus importants que je veux indiquer ici : le premier, c'est d'éveiller de bonne heure la sensibilité dans le cœur des enfants.

« Dès qu'un enfant est capable d'amitié^l n'est plus quesa tion que de tourner son cœur vers des personnes qui lui « soient utiles. L'amitié le mènera presque à toutes les « choses qu'on voudra de lui : on a un lien assuré pour l'at- « tii-er au bien, pourvu qu'on sache s'en servir ; il ne reste « plus à craindre que l'excès ou le mauvais choix dans ses « affections.

« 11 faut essayer, disait encore Fénelon, de faire goûter de « bonne heure aux enfants, avant qu'ils aient perdu cette « première simplicité des mouvements les plus naturels, le « plaisir d'une amitié cordiale et réciproque. Rien n'y ser- « vira tant que de mettre d'abord auprès d'eux des gens qui ff ne leur montrent jamais rien de dur, de faux, de bas et « d'intéressé. Il vaudrait mieux souffrir auprès d'eux des « gens qui auraient d'autres défauts, et qui fussent exempts « de ceux-là. Il faut encore louer les enfants de tout ce que « Tamitiè leur fait faire^ pourvu qu'elle ne soit pas déplacée tt ou trop ardente. Il faut encore que les parents leur parais- « sentpleins d'une amitié sincère pour eux: car les enfants a apprennent souvent de leurs parents même à n'aimer u rien. (Fénelon, Êdicc. des Filles,)

Un second conseil donné par Fénelon, et qui est aussi d'une grande importance, c'est de prévenir chez les enfants la manie et les périls de Vimitation.

« Il faut, dit-il, les empêcher de contrefaire les gens ridi- « cules,car ces manières moqueuses et comédiennes ont « quelque chose de bas et de contraire aux sentiments hon- « nêtes ; il est à craindre que les enfants ne les prennent, a parce que la chateur de leur imagination et la souplesse

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