CH. III. — LA DISCIPLINE
soumis à la tyrannie des sens et à rescla^age des passîiHis.
Or c'est la Discipline qui, comme on bras armé d^oBcêpde puissante et invisible aux regards, écarte silendeusement tous les dangers qui menaceraient de troubler cette heoreuse innocence ; c'est elle qui veille autour des lieux du repos, et jusque sur le sommeil même; c'est elle qui conserve à la pudeur toutes ses précautions, toutes ses délicatesses^ dans les inévitables occasions du péril; c^est elle qui prévient les communications coupables» qui réprimande sévèrement les propos légers, qui interrompt les conversations dangereuses. Gomme une mère pleine de sollicitude, elle cherche d'un œil inquiet l'enfant qu'elle ne voit plus à ses côtés. Elle empêche tout mauvais contact, scrute d'un regard pènétramt les lectures suspectes, maintient le travail et rètude dans les voies de Thonnête et du beau, éloigne des lieux où le monde étale ses folles vanités, fait éviter enfin tout ce qui pourrait agiter le calme de Fâme et troubler cette pureté du cœur, si précieuse à l'enfant et si agréable au regard de Dieu.
La Discipline obtient tous ces résultats heureux en prévenant le mal ou en l'arrêtant dès le principe. Elle veille, en quelque sorte, jusqu'au dehors et à la porte d'une maison d'Éducation ; elle défend d'y admettre aveuglément tous ceux qui s'y présenlenl, et n'en permetl'entrée et lademeure à qui que ce soit qu'après avoir sérieusement examiné les témoignages qui peuvent la rassurer. Gardienne fidèle, elle ne s'endort jamais; et, dans la crainte que Thobime ennemi n'enlève à ses enfants si chers le trésor de l'innocence, la Discipline les suit en tout temps et en tout lieu. Liaisons trop particulières, entretiens trop prolongés, mollesse au jeu ou excès d'emportement, tentation d'intempérance, elle voit tout ; rien ne lui échappe, et elle signale tous ces pièges quelquefois aussiséduisants que funestes, oùlajeunesse perdrait tout ensemble son temps, son esprit et ses mœurs.
110 LÎV. lll- — DBS MOYENS D'ÉDDCATION.
Censeur clairvoyant, c'est surtout rennemi des bonnes mœurs ou de la subordination que la Discipline découvre bientôt et suit sans relâche : elle le combat d*abord quelque temps par les armes de la douceur et de la fermeté, jusqu'à ce qu'enfin, pour conserver le corps sain et pur, elle se hâte de retrancher le membre pervers qui répandait autour de lui la dépravation et Tesprit de révolte.
3« La Discipline, en conservant aux mœurs leur pureté et à la Religion son empire^ contribue aussipuissamment av^c succès dans les lettres.
Car les mœurs pures communiquent au corps une vigueur et une force admirables, qui le rendent plus propre à soutenir le poids d'un travail assidu. Grâce à la pureté des mœurs, l'esprit est plus vif, le jugement plus actif et plus sûr, la mémoire plus fidèle, l'imagination plus riante. L'expérience journalière fait voir jusqu'à l'évidence combien le jeune homme qui a de bonnes mœurs est en même temps le plus exact à ses devoirs d'écolier, aussi bien qu'à ses devoirs de chrétien; au contraire^ comme le dit admirablement Quintilien: « Il n'y a rien de si troublé, de si agité, de si partagé, a de si déchiré par mille affections différentes qu'un cœur « vicieux. Au milieu de ce trouble et de cette désolation intén rieure,quelleplacerestet-il pour l'étude des lettres et pour « les occupations honnêtes? celle qui reste au bon grain dans « une terre couverte de ronces et d'épines. »(/nsie7. orat,^