CH. III. — LA DISCIPLINE
zèle et non une œuvre de négligence et de laisser-aller.
Mais que doit être la répression, la correction?
Ici se présente la grave question des cbâtiments dans une maison d'Education : question que je traiterai à part et avec ^ les développements convenables, lorsque j'examinerai quel système pénitentiaire peut admettre la haute Éducation intellectuelley et aussi quelle doit être la fermeté de Vinstituteur.
J'en ai dit assez pour mettre en son jour le plus évident la grande importance de la discipline dans TÉducalion. On le voit : si la Discipline n'est pas l'Éducation elle-même, elle en est un moyen indispensable, un soutien absolument nécessaire.
Je résumerai volontiers tous les avantages de la Discipline sous une image simple, dont la justesse fera excuser la familiarité.
La Discipline est à l'Éducation ce que l'écorce est à l'arbre qu'elle entoure : c'est l'écorce qui retient la sève, qui la garde, qui la dirige, qui la force de monter au cœur de l'arbre, de se répandre dans ses fibres et dans ses rameaux, pour les nourrir des sucs les plus purs de la terre.
De la sève ainsi contenue et dirigée, se forme un tronc solide et ferme, dont les branches portent en leur temps des feuilles, des fleurs et des fruits : enlevez l'écorce à une de ces branches, cette branche sera bientôt desséchée : ôtez récorce du tronc lui-même, et l'arbre périra.
L'écorce ne paraît qu'une enveloppe grossière, mais elle conserve à l'arbre et à toutes ses parties leur force et leur vigueur : de même, la Discipline parait quelquefois pour l'Éducation une écorce un peu âpre et rude, mais c'est elle qui conserve, qui élève, qui fortifie tout.