CH. VI. — RÉSUMÉ BT CONCLUSION DU TROISIÈME LIVRE
vons-nous pas vu qu'aucune partie de TEducation n'est étrangère à la Discipline? Tout ce que les règlements littéraires, religieux, disciplinaires, hygiéniques d'une maison d'Education consignent et conservent par écrit : le plan, les règles adoptées et reconnues comme les plus propres à atteindre le but môme de TEducation, c'est la Discipline qui le met en action et en dirige la pratique. Et de plus, c'est sa vigilance qui prévient tout ce qui pourrait y porter atteinte : c'est sa rigueur habilement calculée qui redresse toutes lesinfractions qui y auraient été faites.
Ainsi l'ordre adopté pour former les jeunes gens à la vertu :
L'ordre adopté pour former les jeunes gens à la science ;
L'ordre adopté pour faire concourir le plus avantageusement possible les choses matérielles, telles que la santé du corps et le partage du temps, aux fins spirituelles de l'Education : rien n'est étranger à la Discipline : c'est à elle de faire fleurir les écoles, de les conserver, et, au besoin même, de les régénérer.
Elle y prépare, y garantit, y protège tout le bien qui s'y fait.
Elle y prévoit le mal possible : elle le prévient par sa vigilance, elle récarte par sa fermeté, elle le punit pour l'exemple et par des châtiments qui améliorent le coupable.
Quand à la Religion^ que ne lui doivent, à leur tour, VInstruction et la Discipline f L'influence de la Religion et de la vertu sur VEducation intellectuelle est profonde ; qui ne l'a pas éprouvé ? Le cœur plus pur purifie l'esprit, le rend plus sensible aux expressions du beau, plus docile aux enseignements du vrai et lui fait goûter avec vivacité le doux et noble plaisir d'écouter la raison.
Sous les auspices de la Religion, la vérité pénètre dans rintelligence, non pas comme une sèche théorie qui n'entraîne qu'une sorte d'adhésion passive, mais comme quel-
que chose de vivant^ de substantiel, qui féconde l'esprit et l'élève, et par lui arrive à Tâme tout entière pour la vivifier.
Par la Religion, TEspril est appuyé fortement sur un principe de foi et ne va pas se lieurter à toutes les incertitudes humaines; il s'élève au point de vuedivin, pourvoir déplus haut et plus loin que n'ont vu les plus sages.
Retranchez la Religion, et Tinstruclion n'est plus qu'une vaine pâture donnée à la curiosité ou à l'orgueil; elle ne fait pas profondément aimer le vrai : les plus grandespensées 5'égarent dans les vues étroites; la vérité froide et inanimée s'arrête dans l'esprit et ne se fait pas route jusqu'au cœur, Elleexalteoutre mesure l'intelligence, je l'ai vu quelquefois, et c'est un des plus grands périls de l'Educatiou purement humaine ; elle exalte l'intelligence au détriment du caractère et de la conscience, dans certaines natures avides de connaître; ou bien elle la laisse inerte et stérile dans d'autres, chez lesquelles elle n'aurait pu être appelée au mouvement et à la vie que par le cri de la conscience ou les tendres insinuations de la Religion. Chez ces natures médiocres, l'Instruction, réduite à elle-même, n'est rien, ou tout au plus n'est qu'un dépôt confié à la garde inaclive de la mémoire, une série de connaissances, une aride nomenclature, un amas indigeste de science sans lumière, de faits sans liaison et sans vie.
La Discipline, à son tour, est ennoblie par l'Instruction : elle lui doit d'être élevée à la dignité de gardienne de Tintelligence ; mais c'est surtout par la Religion que la Discipline devient une vraie puissance morale dans l'Education.
Par la Religion^ la Discipline n'est plus seulement l'œil du maître, et la garantie de l'obéissance matérielle; c'est l'œil de Dieu, et l'inspiration d'une noble docilité.
C'est sous les auspices de la Religion seulement que la Discipline devient la protectrice des mœurs et la gardienne